Kouaoua : la rivière va virer au vert

Résumé IA
Lundi prochain, la rivière Kouaoua sera teintée en vert par la SLN dans le cadre d'un essai de traçage réglementaire. L'opération, encadrée par la DAVAR, consiste à injecter de la fluorescéine, un colorant inoffensif, pour étudier les connexions avec le forage. Les équipes de la SLN surveilleront le temps de transit et le taux de dilution afin de prévenir d'éventuelles pollutions.
La rivière Kouaoua va se teinter de vert lundi prochain. Pas d'inquiétude : c'est voulu, encadré, et c'est même la loi qui l'exige.
Une obligation réglementaire, pas un caprice industriel
Lundi 12 octobre, les équipes de la SLN réaliseront un essai de traçage dans la rivière Kouaoua. L'initiative ne vient pas de l'industriel lui-même. Elle répond à une demande de la DAVAR, la Direction des affaires vétérinaires, alimentaires et rurales.
Le point mérite d'être souligné, à l'heure où l'activité minière est trop souvent caricaturée.
Cet essai constitue une obligation réglementaire prévue dans le cadre de l'autorisation d'exploiter la mine de Kouaoua. Autrement dit, le droit d'extraire s'accompagne d'un devoir de connaître et de surveiller. C'est la règle. Elle s'applique, et l'opérateur s'y conforme.
L'opération est encadrée par les autorités compétentes.
Le principe tient en peu de mots. On injecte dans la rivière une faible quantité d'un colorant très visible, facilement détectable et sans danger, puis on observe où il va, en combien de temps, et dans quelle proportion il arrive.
Le produit retenu porte un nom bien connu des hydrogéologues : la fluorescéine. Un colorant fluorescent vert, inoffensif, couramment utilisé pour étudier les écoulements d'eau. Rien d'exotique, rien d'expérimental.
450 mètres en amont du forage : ce qui va se passer
Le jour J, une quantité contrôlée de fluorescéine sera injectée environ 450 mètres en amont du forage.
Ensuite vient le travail de terrain. Des prélèvements et des mesures seront effectués à différents points, notamment au niveau du forage lui-même. Le but : suivre le déplacement du traceur, relever son heure d'arrivée et mesurer sa concentration.
Deux données intéressent particulièrement les spécialistes.
La première, c'est le temps de transit. Il s'agit du délai nécessaire pour que l'eau de la rivière atteigne éventuellement le forage. La seconde, c'est le taux de dilution, soit la baisse de concentration du traceur entre le point d'injection et son arrivée au forage.
Pourquoi ces chiffres comptent-ils autant ? Parce qu'ils permettent de comprendre les éventuelles connexions entre la rivière et les eaux souterraines qui alimentent le forage. Et parce qu'en cas de pollution réelle, ils deviennent précieux.
Savoir à l'avance dans quel délai et à quelle concentration une substance polluante présente dans la rivière pourrait atteindre le forage, c'est pouvoir anticiper sa propagation. C'est surtout pouvoir agir vite, avec les bonnes mesures, pour sécuriser les usages de l'eau et protéger les habitants.
On est loin du discours de la peur. On est dans la prévention concrète, chiffrée, vérifiable.
L'essai mobilisera notamment les équipes environnement et hydrogéologie de la SLN, filiale d'Eramet, autour d'un même enjeu : mieux connaître le fonctionnement de la ressource en eau de Kouaoua pour mieux la protéger.
Une eau verte au robinet ? Le bon réflexe
Soyons clairs, puisque la question sera posée.
Une coloration verte temporaire de la rivière pourra être observée sur certains tronçons dans les heures qui suivent l'injection. Ce phénomène est normal et attendu. Il fait partie de l'essai.
Le colorant est-il dangereux ? La réponse est non. Dans le cas présent, il ne présente pas de danger pour la santé humaine, ni pour la faune et la flore aquatiques, ni pour l'environnement.
Reste le cas du forage. Si du colorant y parvient pendant l'essai, il sera éliminé lors de l'étape de chloration. Cette étape n'a rien d'exceptionnel : elle fait déjà partie intégrante du traitement habituel de l'eau de ce forage. Elle contribue ainsi à rétablir rapidement les conditions normales d'utilisation.
Et si, malgré tout, l'eau du robinet prend une teinte verte ?
Le geste est simple. Il suffit de laisser couler l'eau jusqu'à ce qu'elle redevienne translucide.
Pas de panique, donc, ni de rumeur à alimenter sur les réseaux sociaux. Une rivière qui verdit lundi, c'est le signe qu'un contrôle est en cours, pas qu'un accident est survenu.
Ce test d'une journée ne fera pas la une des polémiques. Il dit pourtant quelque chose d'essentiel : en Nouvelle-Calédonie, exploiter le nickel et protéger l'eau ne s'opposent pas. Les deux avancent ensemble, sous le contrôle des institutions.
(Crédit photo : tourisme Province Nord)


