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L'archevêque veut tout remettre à plat

9 octobre 2026 à 14:00
4 min de lecture
L'archevêque veut tout remettre à plat

Résumé IA

Soixante ans après sa création, le diocèse de Nouméa lance un audit pastoral et missionnaire. Mgr Susitino Sionepoe, archevêque, pilote une démarche d’écoute auprès des sept zones pastorales, avec près de 90 % de participation. La suite est lancée le 25 octobre 2026 lors d’une visioconférence, avant des ateliers en 2027 pour définir les orientations.

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Soixante ans après sa création, le diocèse de Nouméa ne se contente pas de commémorer.
Il se remet au travail, paroisse par paroisse, et la suite commence le 25 octobre.

Un an d'écoute, et une mobilisation qui force le respect

Tout part d'une arrivée. En accueillant son nouvel archevêque en 2025, l'Église catholique de Nouvelle-Calédonie s'est engagée dans un exercice qu'elle n'avait jamais mené à cette échelle.

Mgr Susitino Sionepoe l'a voulu ainsi. Dans le sillage de ce que vit l'Église universelle, il a demandé que tous les baptisés avancent ensemble sur un chemin d'écoute et de partage.

Pas une consultation de façade. Une vraie remise à plat.

Le point de départ remonte à juillet 2025, lors de la session pastorale des diacres et des prêtres. Les ministres ordonnés y identifient les 60 ans du diocèse comme une période privilégiée de réflexion et de renouveau. De là naît l'idée d'un « audit pastoral et missionnaire » : repérer les conversions nécessaires et les choix pastoraux qui collent le mieux à la réalité des paroisses d'aujourd'hui.

En août, un comité de pilotage, le COPIL, est constitué autour d'un prêtre et d'un diacre.

Puis vient le terrain. En septembre et octobre 2025, le questionnaire « Naviguons ensemble vers une Église synodale » circule dans les 7 zones pastorales : Nouméa, Sud, Nord, Est, Ouest, Centre et Îles. Réunions, échanges, contributions écrites. Paroisses, mouvements et congrégations répondent.

Et ils répondent massivement. Près de 90 % des entités identifiées ont participé.

À l'heure où l'on dit volontiers les communautés chrétiennes essoufflées, le chiffre mérite qu'on s'y arrête. Les fidèles calédoniens ne se sont pas fait prier.

Du constat aux ambassadeurs : une méthode assumée

Le travail de synthèse a suivi en octobre et novembre 2025. Les membres du COPIL ont analysé et compilé plus d'une soixantaine de retours dans un livret diocésain couvrant sept grands thèmes. Ce document est téléchargeable via le QR code diffusé par le diocèse.

Les 15 et 16 novembre 2025, la synthèse est présentée au Conseil pastoral diocésain. Les participants l'enrichissent. Mgr Sionepoe propose alors d'ancrer la réflexion dans une année spécifique consacrée aux 60 ans de la création du diocèse.

Une décision pragmatique accompagne ce choix : faire appel à un consultant professionnel extérieur.

Le début de 2026 est consacré à la restitution. Les catéchistes en janvier, les prêtres en février, les diacres en mars. Au passage, un constat s'impose : un inventaire des paroisses et des mouvements est nécessaire pour disposer d'une photographie complète du diocèse.

En juillet 2026, des membres du COPIL font le point lors de la session pastorale. La première étape est bouclée. Le cabinet Talenthéo, choisi par l'archevêque, entre en scène pour la suite.

L'organisation change alors de format. Depuis août et septembre, le comité de pilotage est réduit à un noyau resserré. Il s'appuie sur une cinquantaine de bénévoles, baptisés les « ambassadeurs », qui reçoivent une formation spécifique.

Moins de structure, plus de relais sur le terrain. La logique est claire.

Le 25 octobre, puis l'heure des choix

La deuxième étape sera officiellement lancée le 25 octobre 2026 à 18h30, lors d'une visioconférence ouverte à tous. Les trois coachs de Talenthéo y présenteront les différentes phases à venir.

Le calendrier est précis.

En novembre et décembre, les ambassadeurs iront à la rencontre des fidèles pour recueillir les expériences positives. Une synthèse sera établie avec l'aide des catéchistes, des diacres et des prêtres.

Janvier et février 2027 seront le temps du discernement. Trois journées d'ateliers réuniront ambassadeurs et clergé pour définir une vision pour le diocèse et valider des propositions concrètes de changement. Le tout restera soumis à l'approbation de l'archevêque. L'autorité n'est pas diluée.

D'avril à juin 2027, place à l'expérimentation : des chantiers seront ouverts pour concevoir, tester et évaluer de nouvelles pratiques pastorales.

L'été 2027 viendra conclure le processus. Une dernière visioconférence ouverte à tous permettra à Mgr Sionepoe d'annoncer les orientations pastorales du diocèse. Toutes les forces vives seront alors appelées à les mettre en œuvre.

Le sens de la démarche, l'archevêque l'a résumé lui-même dans son homélie du 21 juin 2026 :

La synodalité nous invite à passer du "je" au "nous".

Il y appelait chacun à l'humilité et à se mettre en route, ensemble, pour faire des choix pastoraux répondant à la réalité des paroisses. Selon lui, les 60 ans du diocèse sont le bon moment pour questionner les habitudes et oser les changements.

Un message de responsabilité collective, loin des discours de repli.