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Au delà du récif

Fidji : Washington accuse un responsable chinois de corruption au profit de Pékin

9 octobre 2026 à 15:00
4 min de lecture
Fidji : Washington accuse un responsable chinois de corruption au profit de Pékin

Résumé IA

Les États-Unis sanctionnent Zhao Fugang, homme d’affaires fidjien d’origine chinoise, l’accusant de corruption pour favoriser les intérêts de Pékin aux Fidji. Washington lui interdit l’entrée sur le territoire américain avec sa famille, tandis que l’intéressé rejette ces accusations.

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Les États-Unis accusent un homme d’affaires installé aux Fidji d’avoir versé des pots-de-vin pour favoriser les intérêts chinois dans le Pacifique. Cette affaire intervient dans un contexte de rivalité stratégique croissante entre Washington et Pékin pour l’influence dans les États insulaires de la région.

Un responsable basé aux Fidji accusé de corruption

Le jeudi 8 octobre 2026, les États-Unis ont annoncé des sanctions contre Zhao Fugang, un ressortissant fidjien d’origine chinoise et directeur du Centre de services aux Chinois d’outre-mer, installé à Suva, la capitale des Fidji.

Selon le département d’État américain, cet homme d’affaires aurait participé à des actes de corruption destinés à favoriser les intérêts de Pékin dans l'archipel.

Le porte-parole de la diplomatie américaine, Tommy Pigott, affirme que Zhao Fugang aurait utilisé sa position pour verser des pots-de-vin à des citoyens fidjiens, dans le but de servir des intérêts gouvernementaux, commerciaux et criminels liés à la Chine.

Washington considère que ces agissements présumés ont porté atteinte aux intérêts américains dans le pays.

En conséquence, Zhao Fugang et les membres de sa famille proche sont désormais interdits d’entrée aux États-Unis.

Washington dénonce les risques d’ingérence étrangère

Dans un communiqué publié à Suva, l’ambassade américaine estime que les activités reprochées à Zhao Fugang auraient exposé les Fidji à des opérations d’influence étrangère impliquant des acteurs gouvernementaux, économiques et criminels chinois.

Les autorités américaines soulignent que la corruption peut favoriser le développement de la criminalité organisée, du blanchiment d’argent et des migrations illégales, tout en fragilisant la confiance des citoyens dans leurs institutions.

Pour Washington, cette affaire dépasse donc les seules accusations de corruption individuelle et soulève la question de l’influence chinoise dans les institutions et les réseaux économiques du Pacifique.

Zhao Fugang rejette catégoriquement les accusations

L’homme d’affaires, également propriétaire du Yue Lai Hotel à Suva, conteste l’ensemble des accusations américaines.

Dans une déclaration transmise à l’AFP par ses avocats, Zhao Fugang affirme que les accusations sont infondées et qu’aucune autorité fidjienne ne l’a interrogé ou poursuivi dans cette affaire.

Il indique avoir demandé à l’ambassade américaine de lui communiquer les éléments précis sur lesquels reposent les accusations.

Son avocat, Nikheel Nambiar, rejette également les soupçons d’opérations d’influence menées au profit de Pékin.

À ce stade, aucune inculpation aux Fidji n’est mentionnée dans les informations communiquées par l’AFP.

Des soupçons déjà révélés par une enquête internationale

Cette affaire intervient après une enquête publiée en 2024 par l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP), un réseau international de journalistes spécialisés dans la criminalité organisée et la corruption.

Cette investigation présentait Zhao Fugang comme un intermédiaire important des intérêts chinois aux Fidji.

Selon les éléments rapportés par l’OCCRP, les services australiens soupçonnaient également l’homme d’affaires de jouer un rôle majeur dans un réseau criminel transnational potentiellement impliqué dans la traite d’êtres humains, le blanchiment d’argent et le trafic de stupéfiants.

Ces soupçons, contestés par Zhao Fugang et son avocat, ne constituent pas des condamnations judiciaires.

Les centres chinois à l’étranger au cœur des interrogations

Zhao Fugang dirige un Centre de services aux Chinois d’outre-mer, une structure que Pékin présente comme destinée à accompagner ses ressortissants dans leurs démarches administratives.

Ces centres peuvent notamment faciliter certaines formalités, comme le renouvellement de permis de conduire.

Cependant, plusieurs organisations de défense des droits humains soupçonnent certaines de ces structures de servir également des objectifs politiques, notamment en matière de surveillance et de pression sur les opposants chinois établis à l’étranger.

L’ambassade de Chine à Suva n’avait pas répondu aux sollicitations de l’AFP au moment de la publication de l'article.

Le Pacifique au centre de la rivalité entre la Chine et les États-Unis

Depuis plusieurs années, la Chine renforce sa présence diplomatique, économique et sécuritaire dans les États insulaires du Pacifique, une évolution suivie attentivement par les États-Unis, l’Australie et leurs partenaires régionaux.

En 2022, la signature d’un accord de sécurité entre Pékin et les Îles Salomon avait déjà suscité de fortes inquiétudes, notamment concernant la possibilité d’une présence militaire chinoise permanente dans l’archipel.

Les Fidji occupent une position importante dans cette région, notamment en raison de leur rôle diplomatique et de leur situation géographique.

Pour les pays du Pacifique, dont la Nouvelle-Calédonie, cette nouvelle affaire illustre les enjeux de souveraineté, de transparence et de sécurité qui accompagnent la montée des influences étrangères dans la région.

L'affaire Zhao Fugang s'inscrit ainsi dans une compétition d'influence où les enjeux économiques et sécuritaires occupent une place croissante.