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Au delà du récif

Nice : un mois, deux femmes tuées

9 octobre 2026 à 05:05
4 min de lecture
Nice : un mois, deux femmes tuées

Résumé IA

Une mère de famille est tuée à l’arme blanche jeudi à Nice, dans le quartier Magnan, en pleine journée. Son conjoint, âgé de 40 ans, est interpellé et placé en garde à vue. Le maire Eric Ciotti exige toute la lumière sur ce drame survenu après un autre féminicide en septembre.

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Nice se réveille une nouvelle fois avec une mère de famille tuée sous les coups d’un couteau.
Deux enfants grandiront désormais sans elle, et la ville compte déjà ses drames depuis septembre.

Un meurtre en plein midi dans le quartier Magnan

Jeudi, en pleine journée, à quelques rues de la Promenade des Anglais.

Une femme a été mortellement poignardée dans le quartier Magnan, à Nice. Son conjoint, âgé de 40 ans, a été interpellé. C’est le procureur de la République, Damien Martinelli, qui a annoncé l’arrestation.

Le drame ne s’est pas joué dans un coin perdu, ni au cœur de la nuit. Il a eu lieu à la mi-journée, dans un secteur résidentiel connu de tous les Niçois, à deux pas du front de mer le plus célèbre de France.

Ce détail compte. Il dit quelque chose de la brutalité de ce type de crime, qui frappe à l’intérieur des foyers, loin des regards, puis surgit soudain au grand jour.

Les secours ont été appelés vers 13 heures.

À leur arrivée, il était déjà trop tard. La victime présentait plusieurs blessures par arme blanche, et elle n’a pas survécu.

Le suspect n’a pas pris la fuite bien longtemps. Il a été interpellé dans la foulée, et une enquête en flagrance a été ouverte pour homicide sur conjoint. Le dossier a été confié à la police judiciaire, signe que le parquet entend traiter l’affaire avec toute la rigueur qu’elle exige.

À ce stade, les enquêteurs devront reconstituer précisément le déroulé des faits. Le cadre juridique est clair, la qualification retenue l’est tout autant. L’homicide sur conjoint est l’un des crimes les plus lourdement sanctionnés par le Code pénal.

Reste une réalité que rien n’efface : une femme est morte, tuée selon toute vraisemblance par l’homme qui partageait sa vie, et la justice devra établir sa responsabilité.

Eric Ciotti réclame toute la lumière, Nice sous le choc

Le maire de Nice n’a pas tardé à réagir.

Sur le réseau social X, Eric Ciotti (UDR) s’est dit profondément ébranlé par ce drame. Il a tenu à adresser ses pensées aux deux enfants de la victime, à sa famille et à ses proches. Surtout, l’élu a exigé que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce meurtre.

Une exigence de vérité qui ne relève pas de la simple formule.

Car Nice n’en est pas à son premier drame de ce genre en quelques semaines. Fin septembre, une jeune femme brésilienne de 25 ans avait elle aussi été tuée à coups de couteau. Elle vivait non loin du lieu du crime de jeudi.

Son corps avait été découvert dans des conditions glaçantes : lors d’un contrôle douanier sur une aire d’autoroute, dans la voiture de son ancien compagnon. Ce dernier a depuis été mis en examen et placé en détention.

Deux femmes. Deux quartiers voisins. Deux hommes qui partageaient ou avaient partagé leur intimité.

Le rapprochement géographique frappe les esprits, même si rien ne relie à ce jour les deux affaires entre elles. Pour les habitants du secteur, en revanche, le sentiment d’insécurité ne se décrète pas. Il se vit.

Féminicides : des chiffres qui exigent une réponse ferme

Au-delà de Nice, c’est un constat national qui s’impose.

Selon les dernières données de la Mission interministérielle pour la protection des femmes, la Miprof, 107 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2024. Elles étaient 96 l’année précédente.

Soit une hausse de 11 % en un an.

Ces chiffres ne sont pas des statistiques abstraites. Derrière chacun d’eux, il y a une famille brisée, des enfants qui perdent leur mère et souvent, de fait, leur père aussi, appelé à rendre des comptes devant une cour d’assises.

Face à cette progression, le discours de l’excuse n’a pas sa place. Ni les difficultés du couple, ni la colère, ni aucun contexte ne sauraient justifier qu’un homme lève une arme sur sa compagne. La responsabilité est individuelle, et la sanction doit l’être aussi.

C’est d’ailleurs tout l’enjeu de l’enquête confiée à la police judiciaire niçoise : établir les faits avec précision, sans complaisance, pour que la justice puisse frapper à la hauteur du crime commis.

Les Français attendent de l’État qu’il protège. Qu’il protège les femmes menacées chez elles, qu’il protège les enfants exposés à la violence, qu’il protège l’ordre public jusque dans la sphère privée lorsque celle-ci devient le théâtre d’un crime.

À Nice, deux enfants viennent de perdre leur mère.

Ils ont droit à la vérité. Et à une justice qui ne tremble pas.

(Crédit photo : Pierre-Olivier Casabianca (FTV))