« Recréons des emplois ! » : l’appel choc de la FEINC

Résumé IA
La Fédération des entreprises et des industries de Nouvelle-Calédonie (FEINC) appelle à recréer des emplois pour redresser l’économie, deux ans après le début de la crise. Dans sa lettre d’information publiée le 9 octobre 2026, elle identifie la construction, la production locale et le tourisme comme secteurs prioritaires.
Deux ans de crise, et une économie calédonienne qui peine toujours à se relever. Le patronat tranche : pas de relance sans chantiers, sans production et sans emplois.
Quand l’activité s’effondre, tout décroche
Le constat a le mérite de la clarté. Dans sa lettre d’information « L’info Cagou », publiée ce 9 octobre 2026, la Fédération des entreprises et des industries de Nouvelle-Calédonie (FEINC) pose un diagnostic sans détour : après deux années de crise, la priorité est de reconstruire l’activité et l’emploi.
Pas n’importe comment.
Pour l’organisation patronale, tous les secteurs ne se valent pas quand il s’agit de remettre un territoire en marche. Certains entraînent l’ensemble de l’économie dans leur sillage. D’autres beaucoup moins. Et c’est précisément là que les choix publics deviennent décisifs.
La mécanique décrite par la FEINC est implacable. L’activité chute, les entreprises trinquent, puis l’emploi, les revenus et la consommation suivent. Au bout de la chaîne, les recettes fiscales et sociales fondent à leur tour.
Moins de travail, c’est moins d’argent dans les caisses publiques. Une évidence que certains semblent parfois oublier.
D’où une mise en garde adressée aux décideurs : toutes les dépenses et toutes les aides n’ont pas le même effet sur l’économie. Celles qui se transforment rapidement en importations profitent peu au territoire et créent peu d’emplois. Un franc dépensé qui file aussitôt à l’extérieur ne fait guère vivre le Caillou.
À l’inverse, l’argent qui circule localement irrigue les entreprises, les salariés, les fournisseurs, les artisans, les commerces et les services. Il produit des effets d’entraînement importants et alimente directement les recettes fiscales et sociales.
Le bon sens économique, tout simplement : soutenir ceux qui produisent et emploient ici.
Le BTP, premier moteur à rallumer
Pour la FEINC, trois secteurs doivent désormais occuper une place centrale dans la stratégie de relance : la construction, la production locale et le tourisme. Trois activités à forte intensité de main-d’œuvre, qui figurent parmi les plus gros employeurs du territoire. Le palmarès de l’emploi de l’ISEE, repris par la fédération, place l’industrie en tête, devant le commerce de détail, le nickel, le BTP et le tourisme.
Commençons par le bâtiment et les travaux publics.
Un chantier, ce ne sont pas seulement des ouvriers sur un échafaudage. C’est un bureau d’études qui conçoit, un fournisseur qui livre les matériaux, un transporteur, des industriels, des artisans et une cohorte de sous-traitants.
Le secteur a connu un véritable effondrement. Sa remise en route, portée par la reprise de l’investissement public et privé, constitue selon la FEINC l’un des moyens les plus directs de recréer rapidement de l’activité et de l’emploi.
La fédération avance une proposition concrète : accélérer les chantiers grâce à des appels d’offres « clés en main », associant dans une même procédure les études et la réalisation. Moins de lenteurs administratives, plus d’engins en mouvement.
Produire ici, attirer l’argent d’ailleurs
Deuxième levier, et sans doute le plus structurant : la production locale.
Produire sur place, c’est conserver davantage de valeur ajoutée sur le territoire. C’est mobiliser des salariés, des fournisseurs, des prestataires, et garder au pays une part plus importante de la richesse créée. Les chiffres avancés par la FEINC parlent d’eux-mêmes : deux fois plus de valeur ajoutée, quatre fois plus d’emplois et trois fois plus de recettes sociales.
Pour en tirer pleinement parti, l’organisation réclame un recensement des capacités industrielles du territoire, afin de développer davantage de production et d’emploi. Savoir ce que l’on sait faire avant de décider où l’on va.
Le tourisme joue une partition complémentaire. Lui fait entrer des ressources venues de l’extérieur, qui se diffusent ensuite dans toute l’économie calédonienne : hébergement, restauration, transports aériens et maritimes, activités touristiques, commerces, agriculture, pêche ou encore artisanat. Chaque visiteur devient un client pour une multitude d’entreprises locales.
Encore faut-il que la destination fasse envie. La FEINC plaide pour reconstruire l’image de la Nouvelle-Calédonie à travers le projet « Choose Caledonia ».
Reste le cœur du message, que bien des responsables publics gagneraient à méditer. Pour la fédération, la Nouvelle-Calédonie ne retrouvera pas durablement ses équilibres économiques, sociaux et budgétaires sans retrouver d’abord de la croissance et de l’emploi.
Pas l’inverse.
Le mot d’ordre choisi par la FEINC sonne comme un rappel à l’ordre :
Pour redresser l’économie, commençons par recréer des emplois !
(crédit photo : Ifremer/André CARPENTIER)


