Secours : 72 pros formés en un mois

Résumé IA
En septembre, la direction de la Sécurité civile et de la gestion des risques (DSCGR), avec Life Support France, forme 72 professionnels en Nouvelle-Calédonie. Cinq sessions couvrent la prise en charge des traumatismes (PHTLS), l’AMLS, l’ACLS et le bilan XABCDE, réunissant pompiers, personnels hospitaliers et acteurs du secteur minier pour harmoniser les pratiques.
Soixante-douze professionnels formés en un mois, sans effets d’annonce.
Sur le terrain, c’est la compétence qui sauve des vies, et la Nouvelle-Calédonie vient d’en ajouter.
Des formations exigeantes, des chiffres concrets
Il y a des sujets qui font rarement la une. La formation des secouristes en fait partie. Pourtant, lorsqu’un accident survient sur une route de brousse, sur un site minier ou dans un quartier de Nouméa, ce sont ces heures d’entraînement, invisibles pour le grand public, qui font la différence entre une victime prise en charge correctement et une victime perdue.
En septembre, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a pris ce sujet au sérieux. Par l’intermédiaire de la direction de la Sécurité civile et de la gestion des risques (DSCGR), et en partenariat avec Life Support France, il a organisé cinq sessions de formation à destination des professionnels de la chaîne préhospitalière.
Le bilan tient en un chiffre : 72 professionnels formés.
La moitié d’entre eux, soit 36 participants, a suivi le module consacré à la prise en charge préhospitalière des traumatismes, le Prehospital Trauma Life Support, plus connu sous le sigle PHTLS. Un choix logique. Les traumatismes constituent le quotidien des équipes d’intervention, qu’il s’agisse d’accidents de la circulation, de chutes ou d’accidents du travail.
Les trois autres formations ont accueilli chacune 12 stagiaires. La première portait sur la prise en charge médicale avancée en préhospitalier (AMLS). La deuxième, sur les urgences cardiovasculaires avancées (ACLS). La dernière enfin sur le bilan XABCDE, cette méthode d’évaluation et de prise en charge initiale d’une victime qui structure les premières minutes d’une intervention.
Rien d’improvisé, donc. Ce sont des protocoles éprouvés, des gestes précis, une rigueur que l’on attend de ceux à qui l’on confie des vies.
Former ensemble ceux qui interviennent ensemble
C’est sans doute l’aspect le plus intéressant de cette initiative. Les participants ne venaient pas d’un seul corps de métier.
Autour de la même table se sont retrouvés des sapeurs-pompiers de la Sécurité civile et des communes, des infirmiers et des médecins sapeurs-pompiers, des personnels du CHT et du CHN, mais aussi des professionnels des dispensaires des trois provinces. Le secteur minier était également représenté, tout comme des salariés d’entreprises.
L’idée est simple, et elle relève du bon sens : ceux qui sont appelés à agir côte à côte sur le terrain doivent apprendre côte à côte. Un pompier communal, un médecin hospitalier et un secouriste d’entreprise qui partagent les mêmes réflexes et le même vocabulaire perdent moins de temps au moment critique.
Ces sessions ont permis d’échanger pratiques et retours d’expérience autour de méthodes et de référentiels communs. Elles ont aussi renforcé la coordination entre les différents acteurs de la prise en charge des victimes. Dans l’urgence, la cohésion n’est pas un slogan. C’est une condition d’efficacité.
Le retour d’une exigence collective
Cette dynamique a une autre portée. Elle marque la reprise des actions de formation conjointes fondées sur les programmes de deux références mondiales : l’Association nationale des techniciens médicaux d’urgence (NAEMT) et l’Association américaine de cardiologie (AHA).
Le cap fixé est clair. Poursuivre la montée en compétence des professionnels. Et surtout, harmoniser les pratiques sur l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie, de la capitale aux communes les plus éloignées.
Voilà une politique publique qui ne réclame ni grands discours ni postures. Elle repose sur une conviction que beaucoup partagent : la sécurité des Calédoniens passe par des professionnels bien formés, bien équipés et capables de travailler ensemble. En misant sur l’excellence et sur des standards reconnus, la Sécurité civile rappelle qu’un service public efficace se construit d’abord par le travail, la discipline et la transmission des savoir-faire.
Soixante-douze professionnels de plus sont aujourd’hui mieux préparés. Pour les familles qui, un jour, composeront un numéro d’urgence, c’est une excellente nouvelle.
(Crédit photo : Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie)



