Les Français n’ont jamais autant misé

Résumé IA
Les Français n'ont jamais autant dépensé au jeu : le produit brut des jeux atteint 14,1 milliards d'euros en 2025, en hausse de 3 % sur un an, selon l'OFDT. La loterie domine avec 42,8 % des parts de marché, tandis que le jeu en ligne progresse de 8,6 %, portant près de la moitié de la croissance.
Les Français n’ont jamais dépensé autant au jeu. Le chiffre est tombé, et il donne le vertige.
Un marché qui ne connaît pas la crise
Pendant que le pouvoir d’achat reste au cœur des préoccupations, un secteur continue d’aligner les records. Celui des jeux d’argent et de hasard.
En 2025, le produit brut des jeux atteint 14,1 milliards d’euros. C’est 3 % de plus qu’en 2024, soit 400 millions d’euros supplémentaires en un an. Le produit brut des jeux, ou PBJ, correspond aux sommes misées dont on retire les gains reversés aux joueurs. Autrement dit, ce que les parieurs laissent réellement sur la table.
Et ils sont de plus en plus nombreux à s’asseoir à cette table. 4,17 millions d’adultes possèdent désormais un compte joueur, une hausse de 7,6 % sur un an.
Ces données proviennent d’une étude de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), publiée le 1er octobre 2026. Elle rappelle qu’en 2023, 51,6 % des Français majeurs avaient joué au moins une fois dans l’année. Plus d’un sur deux. Et en 2022, plus d’un quart des jeunes de 17 ans étaient déjà passés par la case jeu.
Cinq grandes familles de jeux sont autorisées en France : la loterie, les paris sportifs, les paris hippiques, le poker, ainsi que les machines à sous et jeux de table. Mais toutes ne se valent pas.
La loterie reste reine, le numérique accélère
La loterie écrase la concurrence. Avec près de 6 milliards d’euros, elle capte 42,8 % des parts de marché. Les jeux de casino suivent loin derrière, à 2,8 milliards d’euros et 19,9 % du marché. Les paris sportifs sur internet complètent le podium avec 1,7 milliard d’euros, soit 12,5 %.
C’est pourtant ce dernier segment qui affiche la dynamique la plus forte. Entre 2024 et 2025, les paris sportifs en ligne progressent de 10,4 %. Le poker en ligne gagne 6,5 %, les jeux de tirage et de grattage, en boutique ou sur écran, 4,9 %.
À l’inverse, les paris sportifs et hippiques vendus en points de vente reculent. La raison est simple : la numérisation croissante des jeux. Le bureau de tabac du coin cède du terrain au smartphone.
Le phénomène se lit noir sur blanc. Le jeu en ligne grimpe de 8,6 % sur un an et porte à lui seul près de la moitié (49,8 %) de la croissance du marché. Un basculement profond, qui change la façon dont les Français jouent.
Côté portefeuille, chaque adulte a dépensé en moyenne 259 euros en 2025, contre 253 euros l’année précédente. La loterie en absorbe la plus grosse part, avec 111 euros par personne majeure. Viennent ensuite les casinos et clubs de jeux (53 euros), puis les paris sportifs (49 euros). Les paris hippiques (36 euros) et le poker en ligne (10 euros) ferment la marche.
Liberté de jouer, devoir de responsabilité
Jouer reste un choix. Un loisir légal, encadré, pratiqué par des millions de Français sans le moindre problème. Encore faut-il garder la tête froide.
En 2023, 11,9 % des 18-75 ans jouaient chaque semaine. Parmi eux, 0,8 % misaient tous les jours ou presque. Les jeux de tirage et de grattage restent les plus populaires : 34,2 % des adultes ont tenté leur chance au tirage au moins une fois dans l’année, 30,9 % au grattage.
Certains choisissent de se protéger eux-mêmes. En moyenne, sur 100 000 adultes, 122 font l’objet d’une interdiction volontaire de jeu. Une démarche personnelle, assumée, qui place chacun face à ses responsabilités. Les écarts territoriaux sont frappants : 41 pour 100 000 dans le Loir-et-Cher, contre 350 dans les Alpes-Maritimes.
Reste un constat que l’étude ne cache pas. Les hommes sont nettement plus exposés au jeu problématique : 7,5 % des joueurs, contre 2,2 % des joueuses.
Le marché se porte à merveille. Mais derrière les milliards, la question de la maîtrise de soi demeure. Elle ne relève ni de l’État-nounou ni de la victimisation. Elle relève de chacun.
(Crédit photo : Quentin de Groeve / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)


