«Une autosaisine en pleine campagne» : Lisnard dénonce la prise de parole de Ferrand sur le référendum constitutionnel

Résumé IA
Le candidat à la présidentielle David Lisnard dénonce la prise de parole de Richard Ferrand sur le référendum constitutionnel, jugeant que le président du Conseil constitutionnel sort de son rôle en pleine campagne électorale. Il évoque une « autosaisine » et soutient Marine Le Pen, qui réclame la démission de Ferrand.
Le candidat à l’élection présidentielle et maire de Cannes juge que le président du Conseil constitutionnel sort de son rôle en estimant que Marine Le Pen ne pourrait pas changer la Constitution via l’article 11.
Quentin Gérard 15/10/2026

David Lisnard. AFP / © Eric Dervaux / Hans Lucas
David Lisnard s’invite dans le débat constitutionnel lancé par Marine Le Pen. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, le candidat à l’élection présidentielle et maire de Cannes a réagi aux propos de Richard Ferrand tenus dans un podcast du Club des juristes. Le président du Conseil constitutionnel a jugé irrecevable la promesse du RN de changer la Constitution par l’article 11 en organisant un référendum, afin de mettre en place sa politique migratoire. « Vouloir réformer la Constitution par l’article 11, ça n’existe pas. C’est l’article 89 […] Il n’y a pas de débat. Il suffit de lire la Constitution, qui n’est pas le Code général des impôts », a-t-il tranché. « Le Conseil constitutionnel, au fur et à mesure de son existence, s’est reconnu la compétence de juger les décrets de convocation d’un référendum, a-t-il expliqué. L’article 89 est la seule voie pour réformer la Constitution. Tous mes prédécesseurs l’ont affirmé (…) Qu’on ne vienne pas me dire que c’est impossible, il y a eu 25 révisions. Cela nécessite un vrai travail de fond de nos représentants. »
Un discours qui n'est pas du goût de David Lisnard, donné à 6 % au premier tour dans un récent sondage Ifop-Fiducial. « Richard Ferrand, de sa propre initiative, en pleine campagne électorale, estime qu’on ne peut pas réformer la Constitution et convoquer le peuple au titre de l’article 11. Et qu’en outre, il se serait donné un droit, par lui-même, sur lequel il n’aurait reçu aucune légitimité populaire », a-t-il tancé.
« Quelle est cette autosaisine en pleine campagne électorale ? »
Pour le président de l’Association des maires de France (AMF), ces propos posent deux problèmes. « D'abord, quelle est cette autosaisine en pleine campagne électorale ? Et deuxièmement : le problème de fond, sur lequel il faudra travailler avec les juristes », déclare-t-il. David Lisnard considère enfin que Marine Le Pen « a peut-être raison » en affirmant que Richard Ferrand doit démissionner du Conseil constitutionnel. Mais il rappelle que c’est grâce à l’abstention du groupe RN au Parlement qu’il a été élu en février 2025.
Lors d’une conférence de presse mercredi, Marine Le Pen a répondu à Richard Ferrand qui a, selon elle, rompu avec « la fonction de neutralité qui est la sienne » et avec « l’interdiction de se prononcer sur une affaire qui n’a pas encore été soumise au Conseil constitutionnel ». La présidente des députés RN l’accuse encore d’avoir « utilisé des arguments indigents ». Ainsi, « il a rompu avec une obligation déontologique et il doit quitter la tête du Conseil constitutionnel », martèle-t-elle.
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Marine Le Pen lui enjoint enfin d'« écouter le général de Gaulle, qui n’est que le père de la Constitution », ironise-t-elle, mais aussi François Mitterrand qui a « admis que l’utilisation de l’article 11 était validée pour une voie de modification de la Constitution française ». Pour rappel, cet article autorise un référendum sur « tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale ». L'article 89 stipule quant à lui qu'un projet de révision constitutionnelle doit être voté en « termes identiques » par l'Assemblée nationale et le Sénat avant une approbation par référendum, ou par une majorité des trois cinquièmes du Parlement réuni en Congrès.



