Des lycéens calédoniens ont osé, et ça marche

Résumé IA
Jeudi 15 octobre, des lycéens du lycée Jules Garnier présentent le bilan de la Caravane de l'entrepreneuriat devant les institutions et le monde économique. Le projet, mené auprès de 500 jeunes dans 15 établissements jusqu'aux îles, repose sur 28 entreprises mécènes. Son extension à d'autres établissements est prévue en 2027.
On parle souvent de la jeunesse calédonienne pour déplorer ses difficultés. Cette fois, ce sont des lycéens qui donnent la leçon, et elle tient en un mot : entreprendre.
Des lycéens face aux institutions, et fiers de leur bilan
Jeudi 15 octobre, au lycée Jules Garnier, ce ne sont pas les adultes qui ont pris la parole en premier.
Ce sont les élèves.
Devant eux, une assistance qui en dit long sur le sérieux de l’affaire : le vice-recteur, des représentants du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, du Haut-Commissariat de la République, de la province Sud, du consulat de Nouvelle-Zélande, du Medef-NC, ainsi que des organismes qui accompagnent la création d’entreprises sur le territoire. L’État, les institutions locales, le monde économique, un partenaire régional : tout le monde était là pour écouter des adolescents présenter le bilan de la Caravane de l’entrepreneuriat.
Et ces jeunes avaient de quoi être fiers.
Le projet s’inscrit dans le cadre du Parcours entrepreneur. L’idée est simple, presque évidente, et pourtant trop rarement mise en pratique dans le système scolaire : faire découvrir l’entreprise autrement que par un chapitre de manuel. La faire toucher du doigt. Montrer qu’elle n’est ni un monde hostile ni un privilège réservé à quelques-uns, mais une voie ouverte à qui a une idée et la volonté de la porter.
500 jeunes, 15 établissements, jusque dans les îles
Les chiffres parlent d’eux-mêmes.
Les lycéens sont allés à la rencontre de 500 jeunes dans 15 établissements, collèges et écoles primaires compris. Pas seulement dans le Grand Nouméa, où il est toujours plus facile d’agir. Sur l’ensemble du territoire, et jusque dans les îles.
C’est là que l’initiative prend toute sa valeur. Dans un pays où les écarts entre la capitale et le reste de la Calédonie nourrissent tant de discours, ces élèves ont fait mieux que commenter le problème : ils ont pris la route. Ils ont porté le message eux-mêmes, auprès de plus jeunes qu’eux, avec des mots que ces enfants comprennent.
L’objectif affiché était double. D’abord, faire découvrir l’entrepreneuriat de façon concrète et ludique. Ensuite, susciter l’envie d’entreprendre, en montrant comment une simple idée peut devenir un véritable projet, utile, capable de répondre aux besoins de la population.
On est loin de la culture de la plainte. Ici, le réflexe enseigné est inverse : repérer un besoin, imaginer une réponse, se retrousser les manches.
Rien de tout cela n’est tombé du ciel. L’aventure a reposé sur la mobilisation des enseignants et des animateurs, mais aussi sur un soutien très concret du secteur privé : 28 entreprises mécènes, 10 partenaires et de nombreux bénévoles ont rendu la Caravane possible.
Le chiffre mérite qu’on s’y arrête. Vingt-huit entreprises calédoniennes ont choisi d’investir dans la formation de la jeunesse. Au moment où le tissu économique du territoire a tant souffert, c’est un signal fort. Les entrepreneurs ne se contentent pas de créer de l’activité et des emplois ; ils transmettent aussi.
Rapprocher l’École de l’entreprise : le cap pour 2027
Le succès est au rendez-vous, et la suite est déjà actée.
Le Parcours entrepreneuriat sera étendu à d’autres établissements scolaires en 2027. Une bonne nouvelle pour les élèves qui n’ont pas encore eu la chance d’y participer, et une confirmation que l’expérience a convaincu bien au-delà des murs du lycée Jules Garnier.
L’ambition de la Caravane dépasse d’ailleurs la seule découverte d’un métier. Elle vise à rapprocher l’École et le monde professionnel, deux univers qui s’ignorent encore trop souvent. Pendant des années, une partie de l’institution scolaire a regardé l’entreprise avec méfiance. Ce projet prend le contre-pied.
Car ce que les élèves y gagnent, ce sont des clés pour la vie. L’autonomie. La créativité. La capacité à prendre des initiatives.
Des qualités qui ne s’apprennent pas en attendant que les solutions viennent d’en haut.
La Nouvelle-Calédonie aura besoin, dans les années qui viennent, de jeunes capables de créer, d’oser et de bâtir. À Jules Garnier, certains ont déjà commencé. Et ils ont pris soin d’embarquer 500 autres jeunes avec eux.
(Crédit photo : Vice-Rectorat de la Nouvelle-Calédonie)



