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Gazole : +28 %, le BTP trinque

20 octobre 2026 à 09:00
4 min de lecture
Gazole : +28 %, le BTP trinque

Résumé IA

Le gazole flambe de 28,2 % sur un an, faisant exploser les coûts d'exploitation des chantiers calédoniens. L'index BT21 du bâtiment ne progresse que de 0,1 % en septembre, masquant des hausses contrastées, tandis que l'acier recule et amortit partiellement la facture. Les entreprises du BTP subissent l'envolée du carburant, des terrassements et des transports.

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Le gazole flambe, l’acier recule, et l’index du bâtiment fait du surplace. Derrière la stabilité affichée, la facture des chantiers calédoniens n’a rien d’apaisé.

Une stabilité en trompe-l’œil

Sur le papier, tout va bien. L’index BT21 « Bâtiment : tous travaux confondus » progresse de seulement 0,1 % en septembre 2026, selon les chiffres publiés par l’Isee. L’indice provisoire s’établit à 101,62, base 100 en décembre 2022.

Après deux mois de recul, -0,3 % en juillet puis -0,8 % en août, la courbe se pose. Elle avait pourtant connu une poussée nette au printemps.

Mais il faut regarder sous le capot. L’Institut de la statistique le reconnaît lui-même : cette relative stabilité cache des évolutions contrastées. Autrement dit, si la moyenne ne bouge pas, c’est que des hausses brutales sont compensées par des baisses ailleurs.

Et la hausse la plus brutale porte sur un poste que personne sur un chantier ne peut esquiver.

Sur douze mois, l’index BT21 augmente de 2,0 %. Depuis janvier, de 2,3 %. Rien de spectaculaire. Le chiffre définitif d’août, lui, est arrêté à 101,49.

Le gazole, poison lent des entreprises

C’est le chiffre qui saute aux yeux. L’indice « Gazole » grimpe de 5,9 % en un seul mois. Sur un an, la hausse atteint 28,2 %. Depuis le début de l’année, 29,2 %.

Pour les entreprises du BTP, le carburant n’est pas une ligne secondaire. C’est ce qui fait tourner les pelles, les camions, les compacteurs. Quand il s’envole, c’est tout l’équilibre des devis qui vacille.

Les conséquences sont déjà visibles dans les index par corps de métier. Les terrassements du bâtiment prennent 1,5 % en septembre et 8,8 % sur douze mois. Côté travaux publics, le constat est encore plus net : le terrassement progresse de 1,7 % sur le mois et de 9,6 % sur un an. Les terrassements rocheux suivent, à +8,2 % sur la même période.

La route paie aussi. Chaussée, revêtement, enrobés : tous affichent des hausses comprises entre 7,6 % et 8,5 % sur douze mois. Les transports divers au service du BTP bondissent quant à eux de 1,7 % en septembre et de 8,6 % sur un an.

Le reste de l’énergie n’est pas en reste. L’essence progresse de 16,0 % sur douze mois, l’électricité industrielle de 15,4 %, les bitumes de 7,8 %. Ces deux premiers indices n’entrent pas dans le calcul du BT21, mais ils pèsent bien sur la trésorerie des entreprises.

Pendant ce temps, l’indice « Salaire équipe BTP » n’a bougé que de 0,1 % en un an. Ce ne sont pas les salaires qui alourdissent la facture : ce sont les coûts d’exploitation.

L’acier en recul, un amortisseur fragile

Si l’index global tient, c’est grâce aux métaux.

La poutrelle en acier chute de 3,7 % en septembre et de 10,1 % sur douze mois. Le laminé marchand recule de 1,2 % sur le mois, le rond à béton de 0,5 %. Sur un an, ce dernier perd 5,0 %. Les produits d’étanchéité baissent également de 1,9 %, tout comme l’indice matériel, en repli de 0,5 %.

La charpente métallique en profite logiquement, avec un index en baisse de 0,8 % en septembre.

C’est cet amortisseur qui maintient le BT21 à flot. Un amortisseur qui dépend de marchés sur lesquels le territoire n’a aucune prise.

D’autres postes restent orientés à la hausse. Le ciment 32,5 progresse de 3,9 % sur un an, le béton prêt à l’emploi de 4,4 %, les agrégats du bâtiment de 4,9 %. Les câbles électriques gagnent 1,0 % sur le seul mois de septembre.

La photographie est donc claire. Le bâtiment respire grâce à l’acier, les travaux publics suffoquent sous le poids du carburant. Et les chantiers routiers, essentiels au désenclavement de la Grande Terre comme des îles, sont les premiers exposés.

Une précaution s’impose : ces données de septembre restent provisoires. L’Isee précise que les chiffres publiés peuvent être rectifiés le mois suivant leur première publication, certaines sources lui parvenant avec retard. Le verdict définitif tombera en novembre.

D’ici là, les entreprises calédoniennes du BTP savent déjà à quoi s’en tenir. La stabilité de l’index ne se lit pas dans leurs comptes.

(Crédit photo : CCI-NC)