Le budget de l’État pour 2026 est désormais définitivement adopté. Après le rejet des deux dernières motions de censure à l’Assemblée nationale, le texte porté par le gouvernement entre pleinement en vigueur. Une adoption politique lourde de conséquences, notamment pour l’audiovisuel public, et en particulier pour France Télévisions, qui voit sa dotation amputée de près de 80 millions d’euros.
Cette décision met fin à plusieurs semaines d’incertitude parlementaire. Elle transforme une hypothèse budgétaire en réalité comptable. Les crédits votés s’imposeront dès l’exécution budgétaire de 2026, sans possibilité de renégociation à court terme.
Une baisse massive et désormais actée pour France Télévisions
Dans le projet de loi de finances 2026, l’effort demandé à l’audiovisuel public atteint environ 86 millions d’euros. Sur ce total, France Télévisions supporte l’essentiel de la coupe, à hauteur de plus de 80 millions d’euros, soit plus de 90 % de l’effort global.
Contrairement à d’autres opérateurs publics, France Télévisions ne dispose pas de marges d’investissement importantes. Son budget repose quasi exclusivement sur des dépenses de fonctionnement : production de programmes, salaires, diffusion, exploitation des antennes et coûts techniques. La réduction votée affecte donc directement le cœur de son activité.
Rapportée à un budget annuel proche de 3 milliards d’euros, la baisse représente environ 2,6 % des ressources du groupe. Un pourcentage qui peut sembler limité, mais qui intervient après plusieurs années de contraintes financières successives, dans un contexte déjà qualifié de tendu par la Cour des comptes.
Une contrainte budgétaire sans retour en arrière possible
L’adoption définitive du budget 2026 ferme désormais toute perspective de correction politique immédiate. Les arbitrages sont actés, les crédits votés, et les opérateurs publics devront s’adapter.
Pour France Télévisions, cette baisse de dotation signifie une réduction durable de sa capacité de fonctionnement, sans mécanisme automatique de compensation. La fin de la contribution à l’audiovisuel public, remplacée par un financement intégral via le budget de l’État, accentue encore cette dépendance aux choix budgétaires gouvernementaux.
Derrière les chiffres, c’est donc une réorganisation interne contrainte qui se profile : ajustements de grille, priorisation des programmes, maîtrise accrue de la masse salariale. Autant de décisions qui découleront mécaniquement d’un budget désormais verrouillé.
Le vote du budget 2026 ne marque pas seulement la fin d’un épisode parlementaire. Il ouvre une nouvelle séquence pour l’audiovisuel public, placée sous le signe de la rigueur budgétaire assumée et de la réduction durable des moyens.


















