Le service de sécurité ukrainien (SBU) a affirmé, lundi 15 décembre, qu’un submersible russe transportant des missiles de croisière avait été touché dans le port de Novorossiisk. Selon Kiev, l’attaque aurait été menée à l’aide de drones sous-marins.

L’information émane directement des services secrets ukrainiens. Dans un communiqué publié sur Telegram, le service de sécurité ukrainien (SBU) a indiqué avoir mené une « opération spéciale sous-marine inédite » dans le port russe de Novorossiisk. « Pour la première fois dans l’histoire, des drones sous-marins Sub Sea Baby ont atteint un sous-marin russe de classe 636.3 “Varshavyanka”. L’explosion l’a gravement endommagé, le rendant inutilisable », affirme le SBU, précisant que le submersible se trouvait à quai au moment de l’attaque.
Les services secrets ajoutent qu’« à la suite de l’explosion, le sous-marin a subi des dommages critiques et a été mis hors service ». Ces déclarations ont été accompagnées de la publication d’une vidéo de 56 secondes, présentée comme issue d’un système de vidéosurveillance du port russe, censée représenter l’explosion survenue lors de l’opération.
De son côté, Moscou a catégoriquement démenti ces affirmations. Un porte-parole de la Marine russe a assuré que « les informations diffusées par les services spéciaux ukrainiens concernant la prétendue destruction d’un sous-marin russe dans la baie de la base navale de Novorossiisk sont erronées ». Selon lui, « la tentative de sabotage menée à l’aide d’un véhicule de surface sans équipage a échoué ». Il a également déclaré qu’« aucun navire, sous-marin ou membre d’équipage de la flotte de la mer Noire stationnée dans la baie de Novorossiisk n’a été touché par cette action », ajoutant que l’ensemble des bâtiments concernés restaient pleinement opérationnels.
Les sous-marins de classe 636.3 « Varshavyanka » constituent des unités stratégiques pour la flotte russe, car ils sont capables d’emporter des missiles de croisière Kalibr. Ces engins ont été utilisés à plusieurs reprises par Vladimir Poutine pour mener des frappes à très longue portée, pouvant atteindre environ 2 500 kilomètres, contre des cibles en Ukraine. Le SBU affirme que le submersible visé transportait « quatre lanceurs de missiles de croisière Kalibr », renforçant l’importance militaire de l’opération revendiquée.
Des drones dont le prix varie entre 500 et 5 000 euros
Toucher un objectif ennemi sous la surface de l’eau représente une évolution notable dans les capacités offensives ukrainiennes. Si Kiev avait déjà revendiqué des frappes contre des sous-marins russes par le passé, notamment contre le B-237 Rostov-sur-le-Don, celles-ci avaient été menées à l’aide de moyens aériens ou de navires de surface. Cette fois-ci, l’attaque aurait reposé sur l’utilisation de munitions téléopérées, communément appelées drones kamikazes, dont le coût unitaire est estimé entre 500 et 5 000 euros.
L’efficacité de ces engins à faible coût a contraint la Russie à redoubler de prudence en mer Noire afin d’éviter la perte de ses bâtiments navals. « Le coût d’un sous-marin de classe Varshavyanka est estimé à environ 400 millions de dollars », rappelle le SBU dans leur publication. Une manière, pour les autorités ukrainiennes, de souligner que malgré des moyens inférieurs, les forces ukrainiennes sont en mesure d’infliger des dommages significatifs à l’adversaire.
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