La mission sur le logement social et le renouvellement urbain a officiellement débuté ce lundi 26 janvier 2026 au Haut-commissariat.
Dans le cadre du pacte de refondation économique et sociale conclu avec l’État, trois experts nationaux sont arrivés sur le territoire pour une semaine de travail intensif, jusqu’au 30 janvier.
Cette mission réunit des spécialistes de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) et de l’Union sociale pour l’habitat (USH).
Objectif affiché : rompre enfin avec l’immobilisme, transmettre des outils concrets et repenser un modèle du logement social aujourd’hui à bout de souffle.
Un secteur du logement social en situation critique
Le diagnostic n’est plus contesté. Le logement social calédonien est en difficulté structurelle, miné par des taux de vacance élevés, la multiplication des impayés, des expulsions et un patrimoine immobilier dégradé.
La directrice de la mission interministérielle de reconstruction, Claire Durrieu, l’a reconnu sans détour début janvier.
Le secteur du logement social est en difficulté […] c’est un cercle vicieux qu’il est urgent de rompre, avait-elle déclaré à la presse.
Depuis la crise du 13 mai 2024, la situation s’est aggravée. Des logements restent vides, tandis que des familles attendent un logement social depuis des années.
Dans le même temps, les loyers ne sont plus payés, fragilisant encore davantage les bailleurs.
Certaines résidences sont devenues des symboles de l’échec des politiques passées. À Nouméa, les tours de Magenta concentrent aujourd’hui trafics, insécurité et abandon, au point d’être qualifiées de ghettos pour les revendeurs de cannabis.
Des ateliers de travail pour sortir de l’idéologie
Contrairement aux discours creux, cette mission se veut opérationnelle. Dès ce lundi, les trois experts ont réuni l’ensemble des acteurs du logement : institutions, collectivités, bailleurs sociaux et partenaires techniques.
Des ateliers collectifs sont organisés toute la semaine. Ils visent à transmettre des expériences nationales, mais surtout à adapter des outils concrets à la réalité calédonienne, sans copier-coller idéologique.
Le cœur du travail porte sur la refonte du modèle économique du logement social. Un sujet longtemps évité, alors qu’il conditionne pourtant la pérennité financière, l’entretien du parc et la responsabilité des acteurs.
La ligne est claire : sans gestion rigoureuse, il n’y a pas de politique sociale durable.
Le logement social ne peut plus être un angle mort budgétaire ni un refuge pour l’irresponsabilité.
Nouméa et Dumbéa, laboratoires du renouveau urbain
Deux sites pilotes ont été retenus : Nouméa et Dumbéa. Ces projets, qui seront dévoilés prochainement, doivent incarner une approche globale de la rénovation urbaine.
Comme l’a rappelé Claire Durrieu, la rénovation urbaine ne se limite pas aux murs.
Elle englobe les transports, les services aux familles, l’environnement immédiat et le désenclavement des quartiers.
Il s’agit de redonner de la dignité aux habitants, mais aussi de restaurer l’autorité publique dans des ensembles où l’État a trop longtemps reculé.
La philosophie défendue par les experts est assumée : pas de rénovation sans exigence, pas de solidarité sans responsabilité, pas de mixité sans sécurité.
Cette mission marque un tournant. Elle acte la fin d’un déni et le retour d’une politique du logement fondée sur le réel, loin des postures victimaires et des excuses permanentes.

















