Ils avaient déjà tiré la sonnette d’alarme sur le nickel, pilier économique du territoire.
Cette fois, le front social et patronal se dresse d’une seule voix contre ce qu’il qualifie d’attaque frontale contre le FSH.
Un front syndical et patronal inédit face à une dérive jugée grave
C’est un signal politique fort, rare par son ampleur. Dans un communiqué commun daté du 22 janvier 2026, les organisations syndicales et patronales représentatives de Nouvelle-Calédonie alertent solennellement la présidente et les membres du Congrès sur une situation qu’elles qualifient de « gravité exceptionnelle » concernant le 2 % FSH.
Après l’alerte rouge lancée sur le secteur du nickel, c’est désormais l’architecture même du dialogue social calédonien qui est dénoncée comme menacée.
Le fond du problème est clair : une remise en cause du Fonds social de l’habitat, pilier historique du paritarisme local, issu du conflit social de rattrapage salarial.
Le 2 % FSH repose sur un principe intangible : une contribution exclusivement salariale, mutualisée, destinée à favoriser l’accession à la propriété des salariés, sans peser sur les employeurs.
Pour les signataires, ce fonds n’est ni une variable budgétaire ni une cagnotte publique, mais un outil social sanctuarisé par le contrat social calédonien.
Amendement au Congrès : la ligne rouge du paritarisme franchie
Les organisations dénoncent avec vigueur le non-respect flagrant des engagements pris devant le FSH, à la suite d’un amendement adopté en séance publique au Congrès le 23 décembre dernier.
Un passage en force politique, sans concertation, vécu comme un mépris assumé des partenaires sociaux.
Le communiqué est sans ambiguïté :
– Diffusion de propos déformés et mensongers visant à justifier une captation indirecte des ressources du FSH ;
– Décisions unilatérales prises en dehors de tout cadre de dialogue social ;
– Atteinte directe au principe du paritarisme, socle du modèle social local.
Pour les syndicats et le patronat, détourner les contributions des salariés de leur objet initial pour compenser des déséquilibres budgétaires relève d’une dérive politique grave, contraire à l’esprit de responsabilité.
Dans un territoire déjà fragilisé économiquement, affaiblir les outils sociaux construits par le compromis revient, selon eux, à jouer avec le feu.
Ultimatum politique : sept jours pour rétablir le dialogue
Face à cette situation, le ton monte clairement. Les partenaires sociaux exigent une rencontre immédiate avec la présidente du Congrès et l’ensemble de ses membres, dans un délai de sept jours, afin d’échanger sur la situation et d’obtenir des garanties claires.
À défaut de réponse, les signataires annoncent explicitement qu’ils se réservent le droit d’engager tous les moyens légaux et de mobilisation à leur disposition pour défendre :
– les intérêts des ayants droit ;
– le respect du paritarisme ;
– la crédibilité du dialogue social en Nouvelle-Calédonie.
La liste des signataires – MEDEF NC, CPME NC, U2P NC, USOENC, FEINC, UT CFE-CGC, CSTC-FO, USTKE, COGETRA, entre autres – témoigne d’une unité transversale exceptionnelle, dépassant les clivages habituels.
Un message limpide est adressé au gouvernement calédonien : on ne gouverne pas durablement contre la société civile organisée.
Après le nickel, c’est désormais la confiance sociale qui est en jeu. Et sur ce terrain, les partenaires sociaux préviennent qu’ils ne reculeront pas.



















