À 36 ans, Levay Roy se lance pour la première fois dans une élection municipale. Candidat de l’Union des Loyalistes à Bourail, cet agriculteur revendique un engagement forgé dans la brousse, le travail et une certaine idée du collectif. Loin des discours abstraits, il assume une parole directe, enracinée, et une volonté claire : remettre le bon sens et l’action au cœur de la commune.
Issu d’une famille d’ouvriers agricoles, Levay Roy n’a pas grandi dans le confort des héritages fonciers. Son parcours, il le raconte comme une succession d’efforts, de réveils à l’aube et de responsabilités prises très tôt, d’abord dans le monde agricole, puis dans l’entrepreneuriat et aujourd’hui dans la vie publique.
Une enfance dans la brousse, une culture du travail
Levay Roy a grandi dans la brousse calédonienne, au contact direct du travail de la terre. Fils d’ouvrier agricole, il insiste sur ce point : rien ne lui a été donné. Cette réalité a structuré sa vision du monde et de l’engagement.
J’ai grandi dans le travail, comme beaucoup d’enfants de la brousse, sur les exploitations, sans être fils de patron, mais fils d’ouvrier agricole
Formé à la chaudronnerie, avant de revenir à l’agriculture, il raconte un parcours fait de choix assumés, de retours aux sources et de transmission de valeurs familiale. Aujourd’hui à la tête d’une exploitation importante, il met en avant une conception simple du vivre ensemble : celle qui se construit dans l’effort partagé.
Dans le travail, on ne regarde pas la couleur des personnes, on regarde le courage, la volonté et la conscience professionnelle
Travailler ensemble plutôt que vivre ensemble
Le candidat ne fuit pas les débats identitaires, mais il les aborde frontalement, sans détours. Pour lui, les slogans sur le « vivre ensemble » ont montré leurs limites. Il préfère parler de coopération concrète, de production et de responsabilité collective.
Je ne dis pas vivre ensemble, je dis travailler véritablement ensemble
Sur le foncier, Levay Roy se veut tout aussi clair. Il revendique une approche pragmatique, loin des postures idéologiques, rappelant que la terre est avant tout un outil de travail et de création.
Cette terre, elle n’est pas véritablement à moi, elle est à la banque
Dans son exploitation, il décrit un modèle social fondé sur la proximité, l’entraide et le respect mutuel, où la communauté se construit au quotidien, loin des discours abstraits.
La foire de Bourail, symbole d’un renouveau possible
Président du comité de la foire de Bourail, Levay Roy a repris l’événement dans une période difficile. En quelques années, il en a fait un rendez-vous relancé, modernisé et tourné vers l’extérieur, sans renier son identité broussarde.
Cette foire, c’est l’identité de Bourail, c’est l’agriculture et le monde du travail qu’on met en avant
Il évoque avec émotion son attachement personnel à cet événement, qu’il considère comme un marqueur culturel fort, mais aussi comme un levier économique et identitaire pour la commune. Sous son impulsion, la foire s’est ouverte à l’international, tout en valorisant les savoir-faire locaux.
Sécurité, services, développement : les axes pour Bourail
Sans dévoiler encore l’intégralité de son programme, Levay Roy assume des priorités claires. La sécurité arrive en tête, sans compromis ni ambiguïté.
La sécurité et la liberté ne sont pas négociables
Il souhaite également tirer parti de la position centrale de Bourail pour y recentraliser certains services administratifs, aujourd’hui absents des communes hors agglomération. Tourisme, hébergements, soutien aux projets privés et associatifs, culture et vie spirituelle font aussi partie des axes qu’il entend développer.
Pour mener ces projets, le candidat insiste sur un point souvent négligé selon lui : le réseau et la capacité à travailler avec les institutions.
Rassembler plutôt que diviser
Levay Roy se présente comme un candidat pour rassembler, mais pas dans un consensus mou. Il revendique une ligne claire, assumée, et une volonté de sortir des logiques de blocs qui, selon lui, paralysent la commune depuis trop longtemps.
Je veux une commune qui arrête les guéguerres, les blocages et les clans, et qui avance
À quelques semaines du scrutin, il affirme ne pas chercher la lumière ni les calculs politiciens, mais une responsabilité collective au service des habitants de Bourail.
Je ne suis pas là pour briller, je suis là pour faire avancer les choses
Un discours brut, enraciné et assumé, à l’image d’un candidat qui entend faire de la brousse non pas un territoire oublié, mais un moteur pour l’avenir communal.


















