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Amoco Cadiz : le naufrage géant qui a souillé la Bretagne

16 mars 2026 à 13:00
5 min de lecture
Amoco Cadiz : le naufrage géant qui a souillé la Bretagne
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Le 16 mars 1978, la Bretagne bascule dans l’une des plus grandes catastrophes écologiques du XXe siècle.
Près de cinquante ans plus tard, le naufrage de l’Amoco Cadiz reste un traumatisme national… et un cas d’école sur les dérives de l’industrie maritime.

Une catastrophe maritime sans précédent au large de la Bretagne

Le 16 mars 1978, un géant des mers s’écrase contre les rochers du Finistère. Le supertanker Amoco Cadiz, pétrolier battant pavillon libérien affrété par la compagnie américaine Standard Oil, vient s’échouer à quelques kilomètres de Portsall, sur la commune de Ploudalmézeau.

Le navire, long de plus de 330 mètres, transporte environ 220 000 tonnes de pétrole brut en provenance d’Arabie saoudite. Une panne du gouvernail survient alors qu’il navigue près d’Ouessant, dans l’une des zones maritimes les plus fréquentées d’Europe.

Rapidement, la situation dégénère.

Le commandant coupe les machines et demande de l’aide. Le pétrolier dérive lentement vers la côte sous l’effet d’une tempête violente, avec un vent atteignant force 8 à 10.

Un remorqueur allemand, le Pacific, arrive sur zone en début d’après-midi. Mais la puissance de l’engin se révèle insuffisante pour maîtriser ce mastodonte de plusieurs centaines de milliers de tonnes.

Les heures passent.

Le navire continue de dériver. Les tentatives d’intervention échouent. À 21 heures, l’Amoco Cadiz heurte les brisants au large de Portsall et se déchire sur les rochers.

Le drame devient alors inévitable.

Quelques heures plus tard, le pétrolier se disloque complètement. La Marine nationale parvient à hélitreuiller les 34 membres d’équipage et la femme du commandant, mais le pétrole commence déjà à se répandre dans l’océan.

Au total, plus de 223 000 tonnes de brut se déversent dans la mer.

Il s’agit de la plus grande marée noire par échouement de pétrolier jamais enregistrée dans le monde.

300 kilomètres de côtes souillés et un désastre écologique

Au matin du 17 mars 1978, les habitants du littoral breton découvrent un paysage apocalyptique.

Une odeur âcre de pétrole envahit l’air sur des kilomètres. Les premières nappes d’hydrocarbures commencent à toucher la côte.

Très vite, la pollution s’étend.

En l’espace de quelques semaines, de 300 à 350 kilomètres de littoral sont contaminés, de la pointe du Finistère jusqu’aux Côtes-d’Armor.

Les conséquences écologiques sont immenses.

Les oiseaux marins paient un lourd tribut. Des dizaines de milliers d’entre eux sont englués dans le pétrole. Les estimations évoquent plus de 20 000 oiseaux morts, tandis que l’impact sur l’écosystème marin est colossal.

Selon le Centre de documentation, de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux, la marée noire aurait provoqué la disparition de près de 260 000 tonnes d’animaux marins dans les premiers mois.

Les rochers de l’estran, les algues, les coquillages et les poissons sont massivement contaminés.

L’économie locale est frappée de plein fouet.

L’ostréiculture et la pêche subissent des pertes considérables. Plus de 6 000 tonnes d’huîtres sont détruites, tandis que les zones de récolte deviennent temporairement inutilisables.

Face à l’ampleur de la catastrophe, les autorités déclenchent immédiatement le plan Polmar, dispositif français de lutte contre les pollutions marines accidentelles.

Pendant plusieurs mois, une mobilisation exceptionnelle s’organise.

Des dizaines de milliers de militaires, d’agriculteurs et de bénévoles participent au nettoyage des plages et des rochers. Armés de pelles, de seaux ou de pompes, ils tentent de retirer les nappes d’hydrocarbures.

On estime que près de 40 000 personnes ont participé aux opérations de dépollution.

Malgré ces efforts, moins de 10 % du pétrole sera récupéré.

Le procès historique qui a imposé le principe « pollueur-payeur »

Face à la catastrophe, les élus bretons décident de ne pas laisser l’affaire sans suite.

Au total, 92 communes touchées par la marée noire se regroupent dans un syndicat mixte de protection du littoral. Leur objectif est clair : obtenir réparation.

La bataille judiciaire va durer plus d’une décennie.

Les collectivités locales bretonnes attaquent en justice la compagnie américaine propriétaire du navire aux États-Unis. Le procès s’ouvre à Chicago en 1982.

Les débats révèlent des éléments accablants.

Le pétrolier avait déjà connu plusieurs avaries de gouvernail, et son entretien était jugé insuffisant. Un passage en cale sèche avait été envisagé, mais finalement repoussé afin de permettre au navire d’effectuer un voyage supplémentaire.

Un choix économique qui se révélera dramatique.

En 1984, un juge américain reconnaît la responsabilité de la compagnie pétrolière. C’est une décision historique : pour la première fois, une entreprise pétrolière est condamnée pour une marée noire majeure.

Mais les montants d’indemnisation restent contestés.

Après une longue procédure, l’affaire s’achève finalement en 1992. La compagnie pétrolière est condamnée à verser plus de 1,2 milliard de francs d’indemnités.

Une partie revient aux communes bretonnes sinistrées, une autre à l’État français.

Cette décision marque un tournant majeur.

Elle contribue à imposer un principe devenu central dans le droit environnemental : le principe du pollueur-payeur.

Dans la foulée de la catastrophe, les autorités françaises renforcent également la sécurité maritime. Des radars sont installés sur les sémaphores, un rail de navigation est créé au large d’Ouessant et des remorqueurs d’assistance sont positionnés en permanence dans la zone.

Le Cedre, centre d’expertise sur les pollutions marines accidentelles, est également créé à Brest.

Près d'un demi-siècle plus tard, l’ombre de l’Amoco Cadiz plane toujours sur la Bretagne.

À Portsall, l’ancre du pétrolier trône encore face à la mer. Un rappel brutal que la mondialisation maritime peut, en quelques heures, transformer un littoral intact en catastrophe écologique et économique majeure.

Et surtout une leçon : lorsque la logique financière l’emporte sur la prudence, les conséquences peuvent marquer un pays pour des générations.

#Amoco Cadiz#marée noire Bretagne 1978#Portsall Finistère#catastrophe écologique France#pollution maritime#plan Polmar#pollueur-payeur
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