À Suva, aux Fidji, un trafic de méthamphétamine organisé alimente chaque semaine un quartier précaire, selon des témoignages locaux.
Un trafic régulier au milieu des habitations précaires
À la périphérie de Suva, capitale des Fidji, les livraisons de méthamphétamine suivent un rituel bien rodé. Selon les habitants d’un quartier informel, un véhicule noir, un Dodge aux vitres teintées apparaissait une fois par semaine à l’entrée de la communauté.
Le pick-up s’arrêtait près d’une tente installée en bordure du bidonville, un enchevêtrement dense de petites constructions de fortune reliées par des sentiers boueux, rendus glissants par les pluies estivales persistantes.
On voyait toujours le même camion arriver, puis repartir quelques minutes plus tard
raconte un résident.
Une transaction rapide, à l’abri des regards
D’après plusieurs témoignages concordants, un homme descendait du véhicule, procédait à un échange rapide, drogue contre argent liquide avec un contact local, avant de reprendre la route.
Tout se faisait très vite, sans discussion inutile
explique un autre habitant du quartier.
La méthamphétamine, livrée sous forme de cristaux blancs, était ensuite redistribuée à l’intérieur du bidonville. Les revendeurs locaux reconditionnaient la substance dans de minuscules sachets plastiques, « pas plus gros que l’auriculaire d’un enfant », selon les résidents.
Une drogue vendue à bas prix, facilement accessible
Chaque sachet était écoulé pour l’équivalent d’environ 22 dollars, un tarif jugé suffisamment bas pour toucher une population déjà fragilisée par la précarité.
C’est devenu trop facile d’en trouver ici
confie un habitant, inquiet de la banalisation du trafic.
Les résidents décrivent une distribution discrète mais régulière, qui s’inscrit désormais dans le quotidien du quartier.
Ce n’est plus exceptionnel, c’est presque une habitude
résume l’un d’eux.
Un phénomène qui inquiète les habitants
Si les témoignages recueillis décrivent avant tout les faits observés, l’inquiétude est palpable au sein de la communauté.
On voit les effets sur les gens, sur les familles
explique un résident, sans vouloir s’étendre davantage.
Les habitants soulignent que ce trafic s’opère dans un environnement déjà marqué par la pauvreté, l’isolement et un accès limité aux services publics.
Ici, personne ne vient vraiment regarder ce qu’il se passe
affirme un autre témoin.
Une réalité locale aux implications plus larges
Ce cas observé à Suva illustre la manière dont les réseaux de drogue peuvent s’implanter durablement dans des zones marginalisées, en exploitant leur vulnérabilité.
Tout le monde sait que ça existe, mais peu osent en parler
confie un habitant.
À ce stade, les autorités locales n’ont pas communiqué publiquement sur ces faits précis. Les témoignages recueillis décrivent toutefois un trafic structuré, régulier et intégré au quotidien du quartier.

















