La France croyait avoir tiré les leçons du passé.
Huit ans après l’affaire Lactalis, un nouveau scandale sanitaire frappe l’alimentation infantile.
Un scandale sanitaire mondial qui rappelle l’affaire Lactalis
Huit ans après le traumatisme de l’affaire Lactalis, la France est de nouveau confrontée à une crise sanitaire majeure touchant les laits infantiles.
Au cœur de cette alerte, une toxine redoutée : la céréulide, responsable de troubles digestifs chez les nourrissons.
Cette toxine est produite par certaines souches de la bactérie Bacillus cereus.
Elle aurait été détectée dans une huile enrichie en acide arachidonique (ARA), ingrédient clé de nombreux laits infantiles.
L’huile incriminée est fabriquée par Cabio Biotech, une entreprise chinoise qui fournit de très nombreux industriels à travers le monde. Ce maillon stratégique de la chaîne alimentaire mondiale pose une question centrale : celle de la dépendance sanitaire de l’Europe.
Depuis décembre, la liste des lots de laits infantiles rappelés ne cesse de s’allonger.
Nestlé, Danone et le groupe français Lactalis ont lancé des rappels massifs dans plus de soixante pays.
Deux enquêtes pénales sont actuellement ouvertes, à Bordeaux et à Angers.
Elles font suite à la mort de deux nourrissons ayant consommé des laits rappelés, un fait d’une extrême gravité.
À ce stade, aucun lien formel n’a été établi entre la consommation des laits concernés et ces décès.
Mais le principe de précaution s’impose face à un risque aussi sensible.
La céréulide, une toxine sous haute surveillance
La céréulide est connue pour provoquer des vomissements et des diarrhées aiguës. Chez les nourrissons, ces symptômes peuvent rapidement devenir critiques.
En décembre 2025, des autocontrôles internes réalisés par le groupe Nestlé ont révélé la présence de cette toxine.
Le lot concerné avait été fabriqué aux Pays-Bas et n’avait pas été commercialisé.
À ce moment-là, la Nouvelle-Calédonie n’était pas concernée par ce premier retrait-rappel.
La vigilance des autorités sanitaires avait permis d’éviter toute exposition locale.
En janvier, face à l’évolution du dossier, un retrait-rappel élargi a été engagé par Nestlé et Lactalis.
Cette décision s’inscrit dans un contexte de durcissement des normes sanitaires françaises.
Les autorités ont abaissé le seuil de contamination acceptable.
Il est désormais fixé à 0,014 µg/kg de masse corporelle, contre 0,03 µg/kg auparavant.
Ce choix traduit une volonté claire : renforcer la protection sanitaire, sans céder à la panique ni à la spéculation.
La Nouvelle-Calédonie touchée, mais une réponse rapide et maîtrisée
Jusqu’ici épargnée, la Nouvelle-Calédonie est désormais concernée. Le jeudi 5 février, le gouvernement calédonien a acté un retrait-rappel ciblé.
Le Service d’inspection vétérinaire, alimentaire et phytosanitaire (SIVAP), rattaché à la DAVAR, a été immédiatement mobilisé. Sa mission : protéger la santé publique sans délai.
Le rappel concerne un lait infantile commercialisé localement : CAPREA 1, de la marque Babybio. Cette décision fait suite à l’abaissement du seuil de sécurité par les autorités françaises.
Les boîtes concernées ont été mises en vente à partir du 22 décembre 2025. Elles étaient disponibles dans plusieurs enseignes identifiées :
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Bio Eco and Co
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Naturalia DSM
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Naturalia Magenta
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Pharmacie de Pouembout
Le risque sanitaire pour l’enfant est qualifié de très faible. Mais les professionnels ont appliqué sans attendre les mesures de précaution :
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retrait immédiat de l’ensemble des boîtes restantes ;
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affichage d’informations claires à destination des consommateurs ;
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invitation au retour des produits détenus.
Les références précises du lot concerné ont été rendues publiques :
GTIN : 3288131580517
Lot : 899014
Date de durabilité minimale : 28 juillet 2027
Les consommateurs sont invités à rapporter les boîtes dans leur point de vente. Les produits seront récupérés puis détruits conformément aux procédures sanitaires.
Les autorités calédoniennes l’assurent : si de nouveaux produits sont concernés, une communication immédiate sera effectuée.
Ce nouveau scandale sanitaire rappelle une réalité dérangeante : la sécurité alimentaire n’est jamais acquise, surtout dans un monde mondialisé.
Face aux discours victimaires et aux polémiques stériles, la Nouvelle-Calédonie et les autorités sanitaires ont choisi les faits, les seuils et la transparence.
C’est cette ligne de fermeté, fondée sur la science et la responsabilité, qui doit désormais prévaloir.
Le communiqué de presse du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie :


















