L’État ajuste ses rouages au sommet en Nouvelle-Calédonie, dans un contexte institutionnel toujours sensible.
Un changement discret mais stratégique, qui dit beaucoup de la volonté de continuité républicaine et d’autorité administrative.
Un changement à la tête du secrétariat général, validé par décret présidentiel
Le départ de Stanislas Alfonsi, secrétaire général du Haut-Commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie depuis février 2023, marque la fin d’une séquence administrative et l’ouverture d’une nouvelle phase.
Par décret du président de la République, publié au Journal officiel le dimanche 8 février 2026, l’État a acté la nomination de Benoît Huber à ce poste clé.
Cette décision, conforme aux usages républicains, s’inscrit dans une logique de continuité et de solidité institutionnelle. Benoît Huber prendra officiellement ses fonctions le 23 février 2026, pour une durée de trois ans, comme le précise le décret de nomination.
Stanislas Alfonsi, pour sa part, est appelé à d’autres fonctions, qui n’ont pas encore été rendues publiques. Aucun commentaire politique, aucune spéculation : le temps administratif suit son cours, loin des emballements ou des procès d’intention.
Dans un territoire où chaque signal envoyé par l’État est scruté, ce changement de secrétaire général n’est pas anodin. Il traduit une volonté claire : maintenir un pilotage ferme, expérimenté et loyal de l’appareil de l’État en Nouvelle-Calédonie.
Benoît Huber, le profil d’un haut fonctionnaire rompu aux responsabilités
La nomination de Benoît Huber ne doit rien au hasard. Elle consacre le parcours d’un haut fonctionnaire chevronné, issu du corps préfectoral, dont la carrière s’est construite au cœur des missions régaliennes.
Avant son arrivée en Nouvelle-Calédonie, Benoît Huber exerçait dans les Hauts-de-France, auprès du préfet de région, en qualité d’adjoint au secrétariat général pour les affaires régionales, en charge du pôle de modernisation de l’action publique. Un poste stratégique, au croisement de la réforme de l’État, de l’efficacité administrative et de la rigueur budgétaire.
Entre 2020 et 2024, il a occupé les fonctions de directeur de cabinet du préfet des Alpes-Maritimes, dans un département marqué par de forts enjeux sécuritaires, migratoires et de gestion de crise.
De 2016 à 2020, il a été sous-préfet de Gex et de Nantua, au contact direct des territoires, des élus et des réalités locales.
Son passage au ministère de l’Intérieur, entre 2014 et 2016, comme directeur de cabinet du directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises, témoigne d’une expérience approfondie des situations d’urgence, de la coordination interministérielle et de la chaîne de commandement.
Sa carrière préfectorale débute dès 1995, à la préfecture de la Saône-et-Loire, où il est nommé adjoint au chef du service interministériel de défense et de sécurité civiles. Un socle solide, forgé dans la culture de l’État, de la discipline administrative et du service public.
Un poste clé au cœur de l’autorité de l’État en Nouvelle-Calédonie
Le poste de secrétaire général du Haut-Commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie occupe une place centrale dans le fonctionnement de l’État sur le territoire.
Il s’agit du premier collaborateur du haut-commissaire, qu’il assiste directement dans l’exercice de l’ensemble de ses missions.
Le secrétaire général anime et coordonne l’ensemble des directions du secrétariat général, assurant la cohérence de l’action administrative et la bonne exécution des décisions de l’État.
Il est particulièrement chargé des dossiers relatifs à la Nouvelle-Calédonie et au Congrès, du secteur minier, ainsi que des thématiques liées au suivi de l’Accord de Nouméa, un cadre institutionnel toujours structurant, malgré les tensions et les débats qu’il suscite.
Il coordonne le suivi des contrats de développement, outils essentiels de la présence et de l’investissement de l’État dans les territoires.
Il représente également le haut-commissaire au sein des assemblées générales et des conseils d’administration de nombreux organismes et établissements publics, notamment la CAFAT, la SIC et NCE.
À cela s’ajoute la coordination de missions transversales : aménagement du territoire, logement social et habitat, mission économique et défiscalisation nationale, ainsi que le rôle de référent fraude, déontologie et RGPD. Autant de leviers sensibles, où la rigueur administrative n’est pas une option, mais une exigence.
Avec la nomination de Benoît Huber, l’État fait le choix d’un profil d’autorité, d’expérience et de loyauté institutionnelle, loin des effets de communication.
Un signal clair envoyé à ceux qui doutent encore de la capacité de l’État à tenir la barre, avec sérieux et constance, dans un territoire où l’improvisation n’a jamais produit autre chose que du chaos.
Le décret de nomination : joe_20260208_0033_0030


















