Vie chère : GBH sort du silence après l’avis de l’Autorité

La vie chère aux Antilles reste un sujet explosif. Le 10 février 2026, l’Autorité de la concurrence a rendu un avis très attendu sur la situation des prix en Martinique. Dans la foulée, le groupe GBH a publié un communiqué pour saluer les conclusions de l’autorité administrative indépendante. Une prise de parole stratégique dans un débat où la grande distribution est régulièrement accusée d’alimenter l’inflation locale.
Des marges jugées comparables à l’Hexagone
Dans son communiqué, GBH affirme avoir « pris connaissance de l’avis rendu par l’Autorité de la concurrence (…) et se félicite des constats objectivés qu’il contient » .
Le point central mis en avant concerne les marges pratiquées par la grande distribution. Selon le groupe, l’Autorité « confirme que les niveaux de marges pratiqués par la grande distribution en Martinique sont comparables à ceux observés dans l’Hexagone » . Mieux encore, le communiqué souligne que « les niveaux de marges nettes sont inférieurs en Martinique » .
Un argument de poids pour l’entreprise, souvent pointée du doigt dans le débat public sur le coût de la vie.
Des facteurs structurels mis en cause
Au-delà des marges, l’avis évoque des causes structurelles. GBH rappelle que « les écarts de prix s’expliquent avant tout par des facteurs structurels persistants, spécifiques aux économies insulaires » .
Sont notamment cités « la dépendance aux importations, les coûts logistiques et portuaires, la fiscalité locale, l’étroitesse du marché » .
Ces éléments « pèsent durablement sur les prix à la consommation, indépendamment des politiques commerciales des distributeurs » .
Autrement dit, selon le groupe, le problème ne relèverait pas d’une stratégie tarifaire mais d’un modèle économique insulaire contraint.
Des recommandations saluées par le groupe
GBH dit également « saluer (…) les recommandations formulées par l’Autorité » .
Le groupe estime qu’elles « confortent les positions portées depuis toujours » et constituent « une base solide pour engager des solutions durables » .
Le communiqué insiste sur une finalité : agir « au service du développement économique de la Martinique » .
Une manière de replacer le débat sur le terrain du long terme plutôt que sur celui de la polémique immédiate.
Un groupe implanté dans 19 territoires
Fondé en 1960, GBH est aujourd’hui présent dans 19 territoires, avec 18 000 collaborateurs et un chiffre d’affaires consolidé de 5 milliards d’euros .
Le groupe, familial et basé en Martinique, intervient dans la grande distribution, l’automobile, l’industrie et les spiritueux .
Il se présente comme « un acteur responsable et fortement engagé dans les actions sociétales » , citant notamment son implication auprès des banques alimentaires et son programme « Tremplin pour l’emploi » .
Avec ce communiqué, GBH tente de déplacer le débat. En s’appuyant sur l’avis de l’Autorité de la concurrence, le groupe met en avant des données chiffrées et des facteurs structurels pour répondre aux critiques sur la vie chère.
Reste une question essentielle : ces constats et recommandations permettront-ils réellement de faire baisser les prix pour les consommateurs martiniquais, ou le débat sur la cherté de la vie continuera-t-il d’alimenter la défiance envers la grande distribution ?

