Je me réveille, et les îles sont coupées du monde

Je me réveille. Et en Calédonie, tout est à l’arrêt.
Les avions d’Air Calédonie ont quitté Magenta pour Tontouta. Nouveau terminal. Nouveaux comptoirs. Nouvelle organisation. Sauf qu’il n’y a personne.
Les aérodromes des Loyauté sont bloqués. Ouvéa, Maré, Lifou, Île des Pins… silence radio.
Et comme si ça ne suffisait pas, le Betico est immobilisé pour des soucis moteurs.
En clair, quand tu habites aux îles, cette semaine, tu regardes l’horizon.
Pendant ce temps-là, au tribunal administratif, on débat du risque requin.
L’association EPLP demande la suspension de la campagne de prélèvement.
Audience technique. Décision attendue.
Mais sur le sable, la peur, elle, n’est pas théorique.
Au Congrès, ça chauffe sur le code minier.
Silence vaut acceptation.
Exportations de minerai brut.
Souveraineté économique.
Les mots sont techniques. Les enjeux, énormes.
Heureusement, il y a le sport.
Les Calédoniennes battent le Vanuatu 2-1.
Après la claque contre les Fidji, elles relèvent la tête.
La Coupe du monde est encore loin. Mais l’espoir respire.
Le vent se lève sur la côte Ouest.
Les avions ne décollent pas.
Les bateaux attendent.
Les candidats affûtent leurs discours.
Et nous, on regarde tout ça en se demandant juste quand ça va repartir.
Bref.

