Je me suis réveillé… Aircal ne volait toujours pas

Je me suis réveillé, et en Calédonie, même bouger devenait compliqué.
Air Calédonie était toujours bloquée.
Huit jours déjà.
Aux Loyauté comme à l’île des Pins, les aérodromes restaient fermés.
Les collectifs ne lâchaient rien.
Ils voulaient le retour à Magenta.
Pas Tontouta.
Alors tout le monde s’est rabattu sur le Betico.
Sauf que lui aussi a commencé à fatiguer.
Surchauffe moteur.
Rotation vers Ouvéa annulée.
En gros, l’avion ne vole plus, le bateau tousse, et les îles attendent.
Pendant ce temps, la campagne des municipales entrait dans sa dernière ligne droite.
3800 candidats.
141 listes.
33 communes.
Chez nous, au moins, la politique ne manque pas de volontaires.
Officiellement, on parlait routes, eau, électricité, sécurité, développement.
Mais en vrai, deux sujets traînaient partout.
Bougival.
Et le 13 mai.
Deux ombres posées sur toute la campagne.
Tout le monde les voyait.
Peu les nommaient franchement.
Au Mont-Dore, des habitants de l’île protestaient contre la suppression de leur bureau de vote.
Pour voter, il faudra aller à Plum.
La mairie promet des navettes.
Les habitants, eux, parlent surtout d’abandon.
Même mettre un bulletin dans l’urne devient une affaire logistique.
Côté justice, l’année démarrait fort aussi.
Premier procès d’assises demain à Nouméa.
Meurtre conjugal, violences aggravées, double meurtre, agressions sexuelles.
Une session lourde.
Très lourde.
Et puis au loin, la guerre continuait de s’étendre au Moyen-Orient.
L’Iran ripostait.
Israël et les États-Unis poursuivaient leurs frappes.
Même Macron filait à Chypre, devenu la vitrine européenne de ce conflit qui déborde.
Je me suis réveillé, et je me suis dit qu’ici, tout semblait en tension.
Les transports.
Le vote.
La campagne.
La justice.
Et même l’avenir institutionnel.
Bref.

