4 jeunes, un rêve spatial et une finale sous tension

L’innovation ne se joue plus seulement à Paris ou à Toulouse.
Depuis le Pacifique, la jeunesse calédonienne entend bien prouver qu’elle peut rivaliser avec les meilleurs.
Une équipe calédonienne déterminée à porter haut les couleurs françaises
La Nouvelle-Calédonie confirme son entrée dans la cour des grands de l’innovation spatiale. Lauréate de l’édition locale 2026 du concours ActInSpace, l’équipe Les Passeurs d’Images s’apprête à franchir une étape décisive en participant à la finale nationale prévue le 1er avril à Bordeaux.
Composée de Laurent Bui, Julian Bourgine, Damien Buisson et Rémi Andreoli, cette équipe pluridisciplinaire défendra le projet Smart Hub NC, une solution innovante pensée à partir de technologies spatiales et de données satellitaires. Leur objectif est clair : faire rayonner le territoire dans une compétition dominée par les grandes métropoles françaises.
Face à eux, 17 équipes issues de différentes villes de l’Hexagone tenteront elles aussi de décrocher leur qualification pour la finale internationale. Une victoire ouvrirait immédiatement les portes d’une confrontation mondiale avec des candidats venus de plus de 21 pays, preuve de l’envergure stratégique du concours.
Depuis leur sélection le 31 janvier, les quatre Calédoniens ont intensifié leur préparation. Pitch affiné, démonstration technique renforcée, stratégie entrepreneuriale consolidée : rien n’est laissé au hasard. Leur présentation devra convaincre un jury international exigeant lors d’un passage de cinq minutes en anglais, suivi d’une séance de questions-réponses particulièrement décisive.
Le spatial, un levier économique et entrepreneurial pour les territoires
Créé en 2014 par le Centre national d’études spatiales, avec le soutien de l’Agence spatiale européenne, ActInSpace s’impose aujourd’hui comme un rendez-vous incontournable de l’innovation mondiale.
À mi-chemin entre hackathon intensif et incubateur express, cet événement invite des équipes à imaginer, en seulement 24 heures, des applications concrètes à partir de technologies spatiales. Navigation, agriculture de précision, gestion des risques ou urbanisme intelligent : les retombées du spatial irriguent désormais toute l’économie réelle.
En 2026, la Nouvelle-Calédonie accueille pour la première fois cette compétition internationale. Une reconnaissance majeure qui confirme l’intégration progressive du territoire dans les réseaux d’innovation mondiaux. Plus de 30 pays et une centaine de villes participent désormais à ce dispositif structurant, révélant l’importance croissante du secteur spatial dans la compétition économique mondiale.
L’organisation opérationnelle est assurée par l’association Telecom Valley, tandis que le réseau des centres d’incubation de l’ESA accompagne les projets prometteurs. Pour les participants, les perspectives sont concrètes : création de start-up, accès à des financements, accompagnement technologique et ouverture vers des marchés internationaux.
Une ambition collective pour l’avenir de la jeunesse calédonienne
Au-delà de la performance individuelle, la qualification de cette équipe symbolise une dynamique plus large. Elle incarne la capacité de la jeunesse calédonienne à s’inscrire dans des filières d’excellence tournées vers l’innovation et la souveraineté technologique.
Les organisateurs d’ActInSpace mettent d’ailleurs l’accent sur le développement de l’esprit entrepreneurial, notamment chez les jeunes. L’objectif est de démontrer que le spatial n’est pas réservé à une élite scientifique, mais constitue un formidable moteur de croissance et d’opportunités professionnelles.
Pendant tout le week-end de compétition, mentors et experts accompagnent les équipes pour transformer une idée en projet viable. Les meilleures propositions bénéficient ensuite d’un suivi renforcé pour passer du concept à l’entreprise. Une logique de responsabilité et d’initiative individuelle qui tranche avec les discours fatalistes trop souvent entendus.
Autre enjeu assumé : encourager la diversification des profils et favoriser la participation féminine dans les secteurs techniques. Sous le mot-clé #WomenInSpace, les organisateurs souhaitent promouvoir une innovation ouverte mais exigeante, fondée sur le mérite et la compétence.
Pour l’équipe calédonienne, le déplacement vers la métropole constitue aussi une opportunité unique. Un programme de visites et de rencontres avec des acteurs majeurs du spatial est prévu, notamment à Toulouse avant la finale bordelaise. Une immersion stratégique pour nouer des contacts, comprendre les écosystèmes et préparer l’avenir.
Dans un contexte où la compétition technologique s’intensifie entre grandes puissances, ces initiatives locales prennent une dimension nationale. Former des entrepreneurs capables d’exploiter les données spatiales devient un enjeu de souveraineté autant qu’un levier économique.
La participation des Passeurs d’Images illustre ainsi une conviction forte : même depuis le Pacifique, il est possible de contribuer au rayonnement de l’innovation française et peut-être, dès le 2 avril, d’accéder à une finale internationale qui consacrerait définitivement le talent calédonien.

