Électricité : la Calédonie exige l’égalité avec la France

Alors que la crise économique fragilise déjà le territoire, la facture d’électricité devient un symbole criant d’injustice.
Face à Paris, le gouvernement calédonien hausse le ton et réclame enfin l’égalité.
Une inégalité énergétique dénoncée au sommet de l’exécutif
Le ton est désormais ferme. Réuni en collégialité ce mercredi 25 mars, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a arrêté un projet de résolution visant à obtenir l’extension du mécanisme national de compensation des coûts de l’électricité.
Ce dispositif, bien connu dans l’Hexagone et les territoires ultramarins, repose sur un principe simple : la péréquation tarifaire. Concrètement, l’État compense les surcoûts liés à la production d’électricité dans les zones non interconnectées (ZNI), afin de garantir un prix similaire pour tous les citoyens français, qu’ils vivent à Paris ou en outre-mer.
Aujourd’hui, ce mécanisme bénéficie déjà à plusieurs territoires comme la Guadeloupe, La Réunion ou encore la Guyane. Mais la Nouvelle-Calédonie en est exclue, tout comme la Polynésie française.
Une situation de plus en plus difficile à justifier.
Car, sur le terrain, les réalités sont identiques : insularité, éloignement, dépendance énergétique, coûts logistiques élevés. Autant de contraintes structurelles qui pèsent lourdement sur les prix.
Le gouvernement calédonien dénonce donc une rupture d’égalité flagrante entre citoyens français.
Une facture électrique qui étrangle ménages et entreprises
Dans un contexte économique déjà sous tension, le coût de l’énergie devient un facteur aggravant majeur. Le prix de l’électricité pèse directement sur le pouvoir d’achat des Calédoniens, mais aussi sur la compétitivité des entreprises.
Industries, commerces, services publics : aucun secteur n’est épargné.
L’électricité occupe en effet une place centrale dans l’économie locale, notamment dans les activités industrielles et métallurgiques, piliers du territoire. Chaque hausse tarifaire fragilise un peu plus l’ensemble du tissu économique.
Lors de la conférence de presse, Christopher Gygès, porte-parole du gouvernement, a été clair :
Les Calédoniens ont subi plusieurs augmentations du prix de l’électricité. Dans un contexte de fragilité économique et sociale, cette facture pèse lourdement sur les ménages.
Depuis 2019, l’exécutif local réclame à l’État un accès équitable aux dispositifs nationaux, sans succès jusqu’à présent.
Une situation d’autant plus incompréhensible que Wallis-et-Futuna a intégré ce mécanisme il y a près de deux ans, malgré un statut institutionnel comparable.
Jusqu’à 50 % de baisse : un levier clé pour relancer l’économie
L’enjeu est colossal. Selon le gouvernement, l’intégration de la Nouvelle-Calédonie au dispositif de contribution au service public de l’électricité permettrait une baisse de 40 à 50 % des factures.
Un choc positif immédiat pour les ménages, mais aussi pour les entreprises.
Dans un territoire en reconstruction économique, le coût de l’énergie est un levier stratégique de relance. Réduire cette charge permettrait de soutenir l’activité, préserver l’emploi et renforcer l’attractivité du territoire.
Le gouvernement insiste : il ne demande aucun privilège.
La résolution doit désormais être validée par le Congrès avant d’être officiellement transmise à l’État.
En parallèle, l’exécutif planche sur d’autres mesures pour amortir les chocs énergétiques. Face aux tensions internationales, notamment au Moyen-Orient, un dispositif est à l’étude pour lisser la hausse des prix du carburant et éviter des augmentations brutales.
Objectif : protéger les Calédoniens tout en restant lucide sur les réalités du marché mondial.
Mais au fond, le message envoyé à Paris est limpide : l’égalité entre Français ne peut plus être à géométrie variable.

