Enfin du concret : la pêche locale reprend le contrôle

Deux réunions, des pêcheurs mobilisés et une ambition claire : reprendre la main sur l’économie locale.
Sur la côte est, loin des discours creux, un projet concret avance… et pourrait bien changer la donne.
Une mobilisation locale qui tranche avec l’immobilisme
Jeudi 26 mars, à Touho, une étape décisive a été franchie dans la construction d’un projet structurant pour la côte est : la création d’une coopérative de pêche portée par la CAP-NC et ses partenaires.
Dans les locaux du GIP la Technopole, situés sur le port de Touho, 35 pêcheurs issus d’un territoire allant de Hienghène à Houaïlou ont répondu présent.
À leurs côtés, une dizaine de représentants institutionnels : élus municipaux, membres du SMRA de la province Nord et acteurs du développement économique.
Un signal fort dans un territoire souvent confronté à l’isolement économique et au manque de débouchés structurés.
Ici, pas de promesses irréalistes : des professionnels qui s’organisent, des institutions qui accompagnent, et un projet qui avance concrètement.
Des attentes claires : produire local, vendre local, vivre dignement
Ce qui ressort de cet atelier est clair : les pêcheurs ne demandent pas des aides ponctuelles, mais une structuration durable de leur activité.
Parmi les priorités identifiées :
Développer des débouchés locaux, pour éviter la dépendance aux circuits extérieurs
Améliorer l’accès à la glace, indispensable à la conservation
Se doter de matériel de pêche et d’équipements de sécurité
Mettre en place des formations adaptées au terrain
Organiser des points de dépôt efficaces pour les captures
Autre point central : la qualité des produits.
Les participants ont insisté sur la nécessité de garantir des standards élevés, condition indispensable pour valoriser la pêche locale face à la concurrence importée.
Ce positionnement est loin d’être anodin : il traduit une volonté de reconquête économique, basée sur le travail, la rigueur et la responsabilité.
Dans un contexte où la dépendance aux importations fragilise l’économie calédonienne, ce projet apparaît comme une réponse concrète et cohérente.
Un projet structurant pour la souveraineté économique
L’un des éléments clés évoqués lors de la réunion concerne l’implantation future de la coopérative.
Le site du GIP la Technopole pourrait, à terme, accueillir un atelier de transformation et de gestion des produits de la pêche, offrant une véritable base opérationnelle au projet.
Une avancée stratégique qui permettrait :
De centraliser les activités
De structurer la filière
D’assurer une meilleure traçabilité des produits
Et surtout, de créer de la valeur sur place
Les prochaines étapes sont désormais clairement définies :
Rédaction des statuts de la coopérative
Élaboration d’un business plan solide et réaliste
Coordination avec le calendrier des pêches
Concertation continue avec l’ensemble des acteurs
Objectif affiché : garantir la viabilité économique du projet, sans dépendre excessivement aux subventions.
Ce pragmatisme tranche avec certaines politiques publiques inefficaces.
Ici, il ne s’agit pas de distribuer des aides, mais de construire un modèle économique autonome et responsable.
Dans un territoire où les enjeux de souveraineté alimentaire et économique sont de plus en plus pressants, cette coopérative pourrait devenir un modèle reproductible dans d'autres territoires de Nouvelle-Calédonie.

