Je me réveille… et rien n’a bougé

Je me réveille avec une drôle d’impression.
Comme si tout le monde parlait… mais que rien ne bouge vraiment.
La nuit a été longue côté politique.
Deux réunions organisées par l’État, deux formats différents, deux salles séparées.
Même sujet, mais impossible de réunir tout le monde autour de la même table.
Les loyalistes et le Rassemblement ont refusé de participer avec le FLNKS.
Pas dans ces conditions.
Pas avec ce contexte.
Pas après ce qui s’est passé.
En face, les positions restent fermes.
On parle méthode, on parle cadre, on parle discussion…
Mais personne ne semble prêt à bouger d’un centimètre.
Alors l’État tente une autre approche.
On découpe.
On isole.
On discute séparément en espérant reconstruire quelque chose.
Avancer sans vraiment avancer.
Et pendant que ça débat…
La réalité, elle, continue de tomber.
Un jeune homme meurt au Mont-Dore après une altercation familiale.
Un corps est découvert à Koumac.
Pas de déclaration.
Pas de débat.
Juste les faits.
Dans le ciel, ça s’améliore un peu.
L’avion d’Aircalin cloué au sol va enfin redécoller.
Une pièce trouvée, une réparation rapide, et toute une semaine de galère pour les passagers.
Même là, on voit les limites du système sous tension.
En ville, certains avancent quand même.
Un nouveau magasin ouvre à Nouméa.
On investit.
On croit encore à la reprise.
Mais derrière, les signaux restent fragiles.
Les hôtels s’inquiètent.
Le tourisme peine à repartir.
L’économie tient… mais sur un fil.
Même la fête recule.
Le carnaval de Nouméa est annulé cette année.
Restrictions budgétaires.
Priorités revues.
Quand même les symboles disparaissent, c’est que quelque chose a changé.
Dans la région, ça s’organise autrement.
L’Australie sécurise ses approvisionnements en carburant.
Le contexte mondial pèse lourd.
Et certains anticipent déjà les prochaines tensions.
Ici, on observe.
On attend.
On discute encore.
Mais en regardant l’ensemble…
Le décalage saute aux yeux.
Le pays continue d’avancer au quotidien.
Mais politiquement, tout le monde est à l’arrêt.
Bref.
