Provinciales 2026 : Pascal Lafleur présente sa liste

La bataille des provinciales s’annonce électrique en province Sud, sur fond de crise politique, économique et sociale persistante.
Dans ce climat tendu, certains héritages politiques refont surface et entendent peser dans le débat.
Un héritier politique face à un territoire en crise
À quelques semaines des élections provinciales du 28 juin, le retour de Pascal Lafleur sur le devant de la scène politique ne passe pas inaperçu. Fils de Jacques Lafleur, figure historique de la vie politique calédonienne et ancien président de la province Sud, il incarne une forme de continuité assumée dans un paysage en recomposition.
Mais au-delà du nom, c’est bien une stratégie politique qui se dessine. Le mouvement Construire Autrement, fondé sur une volonté de rupture avec les pratiques traditionnelles, a choisi de confier sa tête de liste à un profil expérimenté, déjà connu des électeurs. Lors des législatives de 2022, Pascal Lafleur avait obtenu 2 171 voix au premier tour dans la première circonscription, un score modeste mais significatif dans un contexte de forte dispersion politique.
En 2019, le mouvement de Joël Kasarhérou n’avait pas franchi le seuil critique des 5 % des inscrits, ne récoltant que 1 852 voix en province Sud, insuffisant pour obtenir un siège. Un échec électoral qui semble aujourd’hui servir de point de départ à une nouvelle stratégie plus offensive et structurée.
Une ligne politique offensive : union ou marginalisation
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Construire Autrement adopte un ton sans concession. Le mouvement appelle à une « union sacrée » autour d’un projet de redressement, allant jusqu’à évoquer une forme de « comité de salut public », référence lourde de sens dans un contexte de défiance généralisée envers les institutions.
Le constat est clair et assumé : la situation sociale, économique et sanitaire est jugée « trop grave » pour être laissée aux mains des responsables actuels. Une critique directe de la gouvernance passée et présente, dans une logique de rupture.
Mais cette volonté d’union s’est heurtée à la réalité des ambitions politiques. Le mouvement dénonce des logiques de pouvoir et de positionnement individuel, accusant certains acteurs d’avoir privilégié leurs intérêts au détriment de l’intérêt général. « Chassez le naturel, il revient au galop », résume le texte publié.
Face à ces blocages, Construire Autrement revendique un choix différent : celui de s’appuyer sur les forces vives du territoire. Entrepreneurs, syndicalistes, acteurs associatifs, jeunes engagés… le mouvement entend incarner une alternative enracinée dans la société civile.
Pascal Lafleur, entre héritage et repositionnement stratégique
Le choix de Pascal Lafleur comme tête de liste n’est pas anodin. Il incarne à la fois un héritage politique fort et une volonté de renouvellement du discours. Le mouvement insiste sur sa capacité à rétablir le dialogue et la confiance, dans un territoire profondément fracturé.
Loin des promesses jugées démagogiques, le discours se veut pragmatique et recentré sur l’action concrète. « Les dés sont jetés », affirme le mouvement, appelant à se concentrer sur ce qui peut réellement être fait pour le pays.
Cette posture s’inscrit dans une ligne politique claire : refus de la victimisation, valorisation de la responsabilité individuelle et collective, et critique des échecs politiques passés. Une orientation qui tranche avec certains discours dominants et qui pourrait séduire une partie de l’électorat en quête de fermeté et de clarté.
Reste une inconnue majeure : la capacité de Construire Autrement à transformer ce positionnement en dynamique électorale réelle. Car dans un système où les seuils électoraux sont déterminants, chaque voix compte.
(Crédit photo : Getty Images-Théo Rouby)
