Audiovisuel public : Charles Alloncle accuse Delphine Ernotte d'avoir menti sous serment

Selon le député UDR et « Marianne », Delphine Ernotte aurait bénéficié des conseils du cabinet privé Forward Global pour préparer les auditions de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Une information qui semble contredire les déclarations faites sous serment devant les députés.
Audrey Senecal 09/06/2026

Delphine Ernotte, présidente du groupe France Télévisions. © David Niviere / SIPA
Delphine Ernotte espérait sans doute ne plus entendre parler de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public. Après des mois d’auditions et de tensions politiques, le chapitre semblait clos. Mais des révélations de Marianne pourraient bien rouvrir le dossier, cette fois sur le terrain judiciaire. Selon l’hebdomadaire, la présidente de France Télévisions aurait bénéficié, comme d’autres dirigeants du groupe public, de l’appui du cabinet de conseil Forward Global dans la préparation des auditions devant les députés. Un accompagnement que l’intéressée a pourtant exclu lors de son audition finale devant la commission d’enquête.
À la fin de cette dernière séquence, le rapporteur Charles Alloncle l’interroge directement sur les conditions de préparation des témoins. « Est-ce que vous avez eu recours à une société privée extérieure pour préparer, pour vous assister, pour conseiller les personnes auditionnées dans le cadre de la commission d’enquête ? » demande le député UDR. La réponse de Delphine Ernotte est alors sans ambiguïté : « Je vais répondre très simplement : non. Aucune entreprise privée n’a été utilisée pour travailler avec les personnes qui allaient être interrogées par la commission d’enquête. »
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Une affirmation qui entre en contradiction avec les informations publiées par Marianne. Selon nos confrères, Forward Global est intervenu à au moins deux reprises auprès des équipes de France Télévisions afin de les sensibiliser au fonctionnement des commissions d’enquête parlementaires, à leur cadre juridique et aux obligations des personnes auditionnées. Le cabinet a d’ailleurs confirmé avoir participé à cette préparation.
Dans l’entourage de Delphine Ernotte, on conteste fermement toute idée de parjure. France Télévisions fait valoir auprès de l’hebdomadaire que l’intervention de Forward Global aurait été proposée « hors contrat » et relèverait davantage d’un échange informel d’expérience que d’une mission de conseil à proprement parler. Le groupe public reconnaît néanmoins que le cabinet a été « utile » dans la préparation des dirigeants appelés à comparaître devant les parlementaires.
« Madame Ernotte, pourquoi avoir menti ? »
Ces explications sont loin de convaincre Charles Alloncle. Réagissant aux révélations de Marianne, le rapporteur de la commission d’enquête affirme que « Delphine Ernotte a affirmé sous serment, lors de son audition, qu’aucune entreprise n’avait été sollicitée pour préparer les salariés de France Télévisions entendus par la commission d’enquête ».
« Marianne révèle aujourd’hui que c’est faux », poursuit-il, soulignant qu’« un cabinet privé a bien été mandaté par France Télévisions pour cette mission » et que la dirigeante a même participé à un déjeuner de travail avec les responsables de l’entreprise.
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Le député rappelle également que « le délit de parjure devant une commission d’enquête parlementaire est passible de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende », avant d’interpeller directement la présidente de France Télévisions : « Madame Ernotte, pourquoi avoir menti ? Comment les Français qui payent pour France Télévisions peuvent-ils encore vous faire confiance ? » Selon nos informations, un signalement au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale est désormais envisagé.

