Dans cette église, la France a basculé

Dix ans après, la France se souvient du père Jacques Hamel, victime du terrorisme islamiste.
Une église, un prêtre assassiné, une nation marquée : l’hommage perdure après l’attentat de Saint-Étienne-du-Rouvray.
Le souvenir d’un prêtre assassiné au cœur d’une église française
Le 26 juillet 2016 reste une date gravée dans la mémoire nationale. Ce jour-là, le père Jacques Hamel, âgé de 86 ans, est assassiné alors qu’il célèbre la messe dans l’église Saint-Étienne de Saint-Étienne-du-Rouvray, près de Rouen, en Seine-Maritime.
Dans un lieu consacré au recueillement et à la paix, deux terroristes islamistes, Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, pénètrent dans l’édifice religieux avant de prendre en otage les personnes présentes.
Trois religieuses et deux paroissiens se retrouvent pris au piège. Parmi eux, Guy Coponet est blessé lors de l’attaque. Une religieuse parvient finalement à s’échapper et donne l’alerte, permettant l’intervention rapide des forces de sécurité.
Face à cette attaque revendiquée le jour même par l’organisation terroriste Daesh, la réponse de l’État est immédiate. La Brigade de recherche et d’intervention (BRI) de Rouen, appuyée par la brigade anticriminalité, intervient pour neutraliser les assaillants.
Les deux terroristes sont abattus alors qu’ils sortent de l’église. L’attaque choque profondément la France, frappant un symbole religieux, mais aussi un lieu ouvert à tous, au cœur d’une commune française.
Dix ans après les faits, le nom de Jacques Hamel demeure associé à la résistance face au terrorisme islamiste et à la mémoire des victimes françaises frappées au nom d’une idéologie meurtrière.
Un hommage national pour une figure de paix et de mémoire
Chaque année, la commune de Saint-Étienne-du-Rouvray organise un temps de recueillement en hommage au prêtre assassiné. Cette commémoration rappelle la violence de l’attentat, mais aussi la volonté de préserver la mémoire nationale.
Le 26 juillet 2025, Jacques Hamel et Janine Coponet, paroissienne décédée en 2021, ont reçu à titre posthume la médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme.
Créée en 2016, cette distinction honore les Français tués, blessés ou séquestrés lors d’actes terroristes commis en France ou à l’étranger.
Les survivants de l’attaque ont également été distingués. Guy Coponet ainsi que les deux religieuses Danielle Delafosse et Huguette Péron ont reçu cette reconnaissance officielle, symbole de la solidarité nationale envers les victimes.
Depuis 2017, une stèle républicaine rappelle également le sacrifice du père Jacques Hamel. Installée derrière l’église Saint-Étienne, elle a été réalisée par les artistes et architectes Marie-Laure Bourgeois et Vincent Bécheau.
Ce monument rappelle que le terrorisme ne vise pas uniquement des individus, mais cherche aussi à atteindre les valeurs communes d’un pays : la liberté de conscience, la paix civile et la cohésion nationale.
Face aux attaques terroristes qui ont frappé la France ces dernières années, la mémoire de Jacques Hamel reste un repère. Elle rappelle la nécessité de lutter sans relâche contre ceux qui utilisent la violence au nom de l’extrémisme.
Le procès des complices et la condamnation des réseaux terroristes
Après l’attentat, l’enquête s’est concentrée sur l’entourage des deux terroristes. La justice a cherché à établir les responsabilités de ceux qui avaient participé, directement ou indirectement, à la préparation de l’attaque.
Le 9 mars 2022, trois accusés proches des assaillants ont été condamnés par la Cour d’assises spéciale de Paris pour association de malfaiteurs terroristes.
Les peines prononcées allaient de huit à treize ans de prison.
Un quatrième accusé, Rachid Kassim, considéré comme l’un des instigateurs de l’attentat, était présumé mort en Irak en 2017. Il a néanmoins été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour complicité d’assassinat en bande organisée, complicité de tentative d’assassinat en bande organisée et complicité de séquestration en bande organisée.
Dix ans après, l’affaire Jacques Hamel reste l’un des symboles des attaques terroristes qui ont marqué la France. Le visage de ce prêtre âgé, tué dans son église, rappelle une réalité douloureuse : la menace terroriste a frappé des Français dans leur quotidien, jusque dans leurs lieux de culte.
L’hommage rendu chaque année dépasse désormais le cadre religieux. Il est devenu un moment de mémoire nationale, rappelant les victimes, soutenant leurs proches et affirmant la détermination de la République face au terrorisme.
La France n’oublie pas Jacques Hamel.
(Crédit photo : AFP)

