Je me suis réveillé… et même les candidats remplissent mal les formulaires

Je me réveille dimanche.
Je regarde les infos.
Je regrette déjà.
Hier, c’était politique.
Encore.
Toujours.
Une liste recalée.
Des erreurs administratives.
Un recours. Refusé.
Fin de l’histoire.
Ou pas.
Parce que la candidate dit que le combat continue.
Évidemment.
Moi, je me dis que, pour être candidat…
il faut déjà remplir un formulaire.
Ensuite, campagne.
Des jeunes.
Un speed dating politique.
Des tables. Des idées.
Des candidats qui expliquent la vie.
Les jeunes parlent logement.
Transport.
Sécurité.
Toujours les mêmes mots.
Comme une playlist en boucle.
Moi, j’imagine Tinder.
Mais avec des programmes politiques.
Swipe à gauche.
Swipe à droite.
Aucun match.
Pendant ce temps,
un fonds américain veut entrer dans Eramet.
Des milliards.
Des parts.
Des stratégies.
Moi, j’essaie déjà de finir le mois.
Un peu plus loin,
une pirogue coule.
Enfin, presque.
Tout le monde sauvé.
Heureusement.
Ça change.
Ça fait presque du bien.
Puis religion.
Des centaines de personnes marchent.
Chantent.
Prier ensemble.
Chercher du sens.
Moi, je cherche mes clés.
Les pompiers fêtent leur journée.
Des jeunes s’entraînent.
Cohésion.
Solidarité.
Eux, au moins,
ils savent pourquoi ils sont là.
Et aujourd’hui,
on te demande de venir en rouge.
Faire une goutte de sang humaine.
À 8 heures du matin.
Moi, à 8 heures…
je négocie déjà avec mon réveil.
Et au milieu de tout ça,
le monde continue.
Les tensions.
Les accords.
Les milliards qui circulent.
Et moi,
je bois mon café.
Un peu froid.
Bref.

