Dembélé explose, la France rêve plus grand

Les Bleus avancent, gagnent et impressionnent. Mais derrière le festival offensif, quelques failles rappellent qu'une Coupe du monde se joue aussi dans la rigueur et le caractère.
Avec un Ousmane Dembélé incandescent et un Kylian Mbappé inspiré, l'équipe de France a envoyé un message à toute la concurrence.
Dembélé en patron, les Bleus frappent un grand coup
L'équipe de France continue son parcours sans faute dans cette Coupe du monde. Déjà qualifiés avant d'affronter la Norvège, les hommes de Didier Deschamps, dirigés pour l'occasion par Guy Stéphan, ont validé la première place de leur groupe grâce à un succès convaincant (4-1).
L'absence du sélectionneur, retenu en France par un deuil familial, n'a pas perturbé le fonctionnement de la maison Bleue. Guy Stéphan a parfaitement rempli sa mission, recevant, au coup de sifflet final, les félicitations de l'ensemble du staff et des joueurs.
Dans un match disputé devant plus de 65 000 spectateurs au Gillette Stadium, un homme a crevé l'écran : Ousmane Dembélé.
Le Ballon d'Or français a livré un récital de très haut niveau. Dès la 7ᵉ minute, parfaitement servi par Kylian Mbappé, il élimine son défenseur avant de conclure avec sang-froid.
Treize minutes plus tard, le même duo frappe encore. Mbappé sert Dembélé, qui repique dans l'axe et trouve le chemin des filets du pied gauche.
Puis vient le chef-d'œuvre. Sur une passe d'Aurélien Tchouaméni, l'attaquant français efface son adversaire et signe un triplé historique.
Trois buts en trente-deux minutes. Une performance exceptionnelle qui fait entrer Dembélé dans l'histoire des Bleus.
Après des débuts plus discrets dans le tournoi, le Parisien semble avoir trouvé son rythme au meilleur moment.
Et quand Dembélé joue à ce niveau, peu d'équipes peuvent rivaliser avec l'attaque française.
Mbappé rayonne, mais la défense inquiète sérieusement
Si le festival offensif donne des raisons de croire à une grande aventure, tout n'a pas été parfait.
Loin de là. Car derrière, la France a montré des signes de fragilité préoccupants.
Dayot Upamecano, irréprochable depuis le début de la compétition, est complètement passé à côté de son match. Les automatismes ont parfois disparu et la défense a semblé fébrile face à une Norvège pourtant remaniée et privée de plusieurs cadres, dont Erling Haaland.
Le but encaissé a illustré ces difficultés. Plus inquiétant encore, une faute évitable de Théo Hernandez a offert un penalty aux Scandinaves.
Heureusement pour les Bleus, Mike Maignan veillait. Le gardien français a repoussé la tentative adverse et réalisé plusieurs interventions déterminantes.
Au milieu de ces turbulences défensives, un homme a tiré son épingle du jeu : Maxence Lacroix.
Pour sa première apparition dans un Mondial, le défenseur a affiché une belle autorité et apporté de la sérénité.
Le retour attendu de William Saliba pourrait néanmoins devenir un atout majeur pour les matches à élimination directe.
Car si l'attaque gagne des rencontres, la défense, elle, fait souvent gagner les compétitions.
Une équipe en confiance avant le début des choses sérieuses
En fin de rencontre, Désiré Doué est venu alourdir la note après un bon travail de Bradley Barcola.
Le score final de 4-1 offre une image flatteuse de la prestation française.
Le bilan de cette phase de groupes est d'ailleurs remarquable :
trois matches ;
trois victoires ;
aucun blessé ;
des rotations réussies ;
des leaders offensifs en pleine confiance.
Et surtout, une première place qui permet aux Bleus de rester sur la côte est des États-Unis avant leur prochain rendez-vous.
Personne ne semble aujourd'hui vouloir croiser la route de cette équipe de France.
Le duo Mbappé-Dembélé fait peur. Le milieu de terrain maîtrise son sujet. Le groupe vit bien et l'état d'esprit semble irréprochable.
Mais la Coupe du monde entre désormais dans une autre dimension. Les matches couperets ne pardonnent rien.
La moindre erreur défensive peut anéantir des semaines de travail. C'est sans doute la principale leçon de cette victoire face à la Norvège.
L'équipe de France possède le talent pour aller très loin. Elle dispose même probablement de l'un des meilleurs potentiels offensifs du tournoi. Mais, pour rêver d'une troisième étoile, elle devra retrouver davantage de solidité derrière.
Les 16es de finale, mardi 30 juin 23h heure française, programmés au MetLife Stadium de New York, marqueront le début des choses sérieuses.
L'heure n'est plus aux calculs ni aux expérimentations. Les Bleus ont envoyé un avertissement au monde du football. Désormais, ils devront confirmer qu'ils ont aussi l'étoffe des grands champions.
(Crédit photo : REUTERS/Dylan Martinez)

