Je me suis réveillé… et la Calédonie était sous haute surveillance

Je me suis réveillé ce samedi matin.
Et, d'un coup, j'ai entendu un truc que j'avais presque oublié.
Rien.
Silence radio.
Plus de campagne.
Plus de petites phrases.
Plus de débats.
Plus de promesses qui changent tous les trois jours.
Franchement, ça fait du bien.
Enfin… jusqu'à ce que je regarde les infos.
Parce que, pour ce week-end électoral, il y aura 2 400 membres des forces de l'ordre mobilisés.
Seize escadrons de gendarmerie mobile.
Quatre escadrons supplémentaires viennent d'arriver.
Deux cent quatre-vingts hommes de plus.
Quatre-vingts spécialistes en renfort.
Au total, 350 effectifs supplémentaires.
Et des blindés qui vont circuler un peu partout.
Je me suis dit : on vote ou on sécurise le G20 ?
L'objectif est simple :
être visibles,
être rassurants,
pouvoir intervenir rapidement si quelque chose dérape.
Parce qu'ici, même quand on parle de démocratie, on parle aussi de sécurité.
Et les renforts resteront jusqu'au début du mois de juillet.
Sans date de départ précise.
En gros, ils ne sont pas pressés de repartir.
Pendant ce temps-là, une autre bataille se joue.
Celle de la CAFAT.
L'USOENC, la Cogetra NC, FO-NC et la Fédé ont envoyé un courrier au président du gouvernement.
Ils demandent une audience.
Ils veulent que la nomination du futur directeur de la CAFAT soit examinée… en juillet.
Pas maintenant.
Parce que la tentative de mercredi dernier a échoué.
Et, selon eux, cela prouve une chose :
personne n'est vraiment d'accord.
Alors ils préfèrent attendre.
Attendre les résultats des provinciales.
Attendre le futur gouvernement.
Attendre une concertation au sein du conseil d'administration.
En Nouvelle-Calédonie, on vote d'abord.
Et on décide après.
Puis j'ai regardé le programme du week-end.
Une journée portes ouvertes à la fourrière de Ducos pour adopter un chien ou un chat.
Un battle de danse à Dumbéa où le public choisit les règles.
La Fête du cinéma à 600 francs la séance.
Le marché des femmes rurales au Centre culturel Tjibaou.
Du VTT, du trail, de la natation, du rugby, de la Formule 1, Wimbledon et la Coupe du monde de football.
Je me suis dit qu'au fond, le territoire continue de vivre.
Entre les élections, les blindés, les syndicats, les sportifs et les gens qui vont simplement au cinéma.
Et finalement, ce samedi matin, le plus étonnant, ce n'est pas le silence de la politique.
C'est de se rappeler qu'il existe encore un week-end normal.
Enfin… jusqu'à dimanche soir.
Bref.

