FEINC : “Agissez maintenant ou tout s’effondre”

Au lendemain des élections provinciales du 28 juin 2026, la Fédération des Entreprises et des Industries de Nouvelle-Calédonie (FEINC) a pris la parole avec fermeté. Dans un contexte marqué par les séquelles des violences de mai 2024, une crise économique profonde et une défiance persistante envers les institutions, l’organisation patronale appelle à une rupture claire : passer des discours aux actes concrets et immédiats. Pour elle, la nouvelle mandature doit marquer un tournant, sans quoi la Nouvelle-Calédonie risque de s’enfoncer durablement.
Une participation en recul et une confiance à reconstruire
Le scrutin, présenté comme décisif, s’est déroulé dans un climat lourd. Si la participation est restée globalement correcte, elle recule par rapport à 2019, avec plus d’un électeur sur trois absent des urnes. Un signal que la FEINC interprète comme un avertissement adressé à la classe politique.
Dans son analyse, l’organisation souligne que cette abstention traduit une fracture persistante entre les citoyens et leurs représentants. Après des années de tensions, d’instabilité institutionnelle et de promesses non tenues, la confiance ne peut plus être décrétée. Elle doit être reconstruite par des résultats tangibles.
Sur le plan économique, le constat est brutal. La Nouvelle-Calédonie a subi une contraction cumulée du PIB de plus de 20 % sur la période 2024-2025, accompagnée d’une destruction massive d’emplois et d’un affaiblissement généralisé des entreprises. Le pouvoir d’achat des ménages est sous pression, et l’activité reste fragile.
Dans ce contexte, la FEINC insiste : les élus qui entrent en fonction n’ont plus droit à l’erreur. Chaque décision devra être lisible, rapide et mesurable. L’enjeu n’est plus politique, il est existentiel pour l’économie du territoire.
Emploi et consommation : les deux priorités absolues
Face à l’urgence, la FEINC identifie deux axes majeurs pour sortir de la crise : la création d’emplois et la relance de la consommation. Sans ces deux leviers, aucune reprise durable ne sera possible.
L’organisation appelle les nouvelles assemblées provinciales à engager sans délai des politiques favorables à l’investissement. Cela passe notamment par une simplification administrative, une fiscalité plus lisible et des dispositifs incitatifs pour soutenir les entreprises locales.
Le raisonnement est clair et assumé : sans entreprises solides, pas d’emplois ; sans emplois, pas de pouvoir d’achat ; sans pouvoir d’achat, pas de consommation. C’est l’ensemble de ce cercle économique qui doit être réactivé rapidement.
La FEINC insiste également sur la nécessité de sortir de l’incertitude institutionnelle, qui freine les initiatives économiques. Les entrepreneurs ont besoin de visibilité, de stabilité et de règles du jeu claires pour investir.
Dans cette logique, elle appelle à une action politique responsable, pragmatique et tournée vers l’efficacité, loin des postures idéologiques ou des blocages stériles. Le temps des débats interminables doit céder la place à celui des décisions.
Un programme prêt, des mesures à appliquer sans attendre
Au-delà du constat, la FEINC met en avant le travail déjà réalisé. L’organisation a élaboré un programme structuré autour de huit grandes thématiques et 52 propositions concrètes, visant à répondre aux blocages économiques et sociaux du territoire.
Ces mesures couvrent un large spectre : simplification des procédures, responsabilisation budgétaire, soutien à l’éducation et à la formation, amélioration du système de santé et renforcement de l’attractivité économique. L’objectif est clair : lever les freins structurels qui empêchent la Nouvelle-Calédonie de rebondir.
Pour la FEINC, ce programme a vocation à servir de feuille de route immédiate. Elle appelle les décideurs publics à s’en saisir sans délai, en collaboration étroite avec les acteurs économiques. Le message est sans ambiguïté : le monde de l’entreprise ne veut plus être spectateur, mais partenaire actif de la reconstruction.
L’organisation va plus loin en rappelant que le redressement ne pourra pas se faire en quelques mois. Il nécessitera une vision à long terme, dépassant largement l’horizon d’un mandat politique. La reconstruction économique de la Nouvelle-Calédonie prendra des années et impose, dès aujourd’hui, des choix courageux.
En filigrane, la FEINC adresse un avertissement : si les réformes tardent, les conséquences pourraient être durables. À l’inverse, une action rapide et déterminée peut encore inverser la tendance.
La balle est désormais dans le camp des élus. Les Calédoniens attendent des résultats, pas des promesses. Et dans un territoire marqué par les crises successives, la crédibilité politique se jouera sur un seul critère : la capacité à agir, vite et efficacement.

(Crédit photo : Congrès de la Nouvelle-Calédonie)

