Un piège mortel pour des militaires ?

Une affaire criminelle d’une ampleur rare se dessine aujourd’hui à Toulon. Selon des éléments révélés par Var-Matin, une famille est au cœur d’une enquête visant des faits d’une extrême gravité : disparitions inquiétantes, violences répétées, séquestrations et extorsions sur plusieurs années.
Les investigations, toujours en cours, concernent une période allant de 2011 à 2025, entre Fréjus et Toulon, et impliquent des victimes bien identifiées : de jeunes militaires originaires du Pacifique.
Un mode opératoire ciblé et méthodique
Les éléments recueillis par les enquêteurs font apparaître un schéma particulièrement structuré. Les victimes étaient ciblées pour leur isolement, loin de leurs familles, après avoir quitté la Nouvelle-Calédonie ou la Polynésie française pour servir la France.
Selon l’hypothèse principale, ces jeunes hommes étaient approchés lors de rassemblements communautaires, notamment des soirées dites « tahitiennes », lieux de convivialité devenus, selon l’enquête, un terrain de repérage.
Une fois la confiance établie, les victimes auraient été attirées, piégées puis dépouillées de leurs effets personnels essentiels : papiers d’identité, téléphones, moyens de paiement.
Le rôle d’appât attribué à l’une des filles du clan familial est également évoqué dans plusieurs témoignages recueillis par les enquêteurs.
Au total, au moins sept personnes ont dénoncé des faits de violences, de séquestration et d’extorsion, confirmant la répétition du mode opératoire sur plusieurs années.
Deux disparitions au cœur de l’enquête
Le dossier prend une tournure encore plus grave avec la disparition de deux hommes.
Jacques Pakeso, 28 ans, originaire de Nouvelle-Calédonie, disparaît en 2022 après être venu tenter sa chance dans la Marine nationale à Toulon.
Quelques mois plus tard, Mike Gineste, engagé dans la Légion étrangère depuis 2018 et affecté au 1er régiment étranger de cavalerie de Carpiagne, cesse également de donner signe de vie.
Un point commun relie ces deux trajectoires : leur fréquentation de la même famille installée dans le quartier Claret à Toulon.
C’est vers ce foyer que les soupçons se sont progressivement concentrés, à mesure que les témoignages s’accumulaient.
L’enquête menée notamment par la gendarmerie maritime a permis de recouper plusieurs récits concordants, renforçant la crédibilité des accusations portées contre ce cercle familial.
Des révélations glaçantes et des ossements découverts
L’affaire a basculé dans une dimension encore plus dramatique avec des déclarations internes au groupe mis en cause.
L’un des membres de la famille a affirmé que les deux disparus auraient été assassinés sur instruction de la mère de famille, une accusation d’une gravité extrême.
Selon ce témoignage, les corps auraient été transportés puis dissimulés dans les Bouches-du-Rhône.
Des fouilles ont été menées dans les zones indiquées, aboutissant à la découverte d’ossements humains, une avancée majeure dans le dossier.
Des expertises doivent désormais déterminer si ces restes correspondent aux deux disparus.
À ce stade, ces éléments viennent corroborer partiellement les déclarations recueillies, sans toutefois constituer une preuve définitive.
Face aux enquêteurs, les principaux suspects ont nié ou minimisé les faits.
La matriarche, âgée de 52 ans, ainsi que l’un de ses fils désigné comme auteur présumé des homicides, contestent toute implication.
Tous deux ont été placés en détention provisoire, conformément aux décisions judiciaires intervenues après leur mise en examen le 29 mai dernier. Ils restent, à ce stade, présumés innocents.
Au-delà des faits, cette affaire pose une question fondamentale : celle de la vulnérabilité de jeunes Français engagés au service de la Nation, loin de leurs repères familiaux.
Dans un contexte où l’autorité de l’État et la protection des citoyens doivent rester absolues, ce dossier rappelle brutalement que certaines zones d’ombre persistent.
Comme le souligne Var-Matin, « le scénario qui se dessine fait froid dans le dos ».
Une formule qui résume, sans excès, la gravité d’une affaire appelée à marquer durablement les esprits.
(Crédit photo : Var matin)

