Facebook sous surveillance : deux hommes rattrapés

Deux individus viennent d’être présentés au parquet pour des faits graves de provocation directe et publique à la commission de crimes ou délits, à travers des publications sur Facebook.
Le procureur de la République a confirmé dans un communiqué que ces messages, diffusés dans un contexte déjà tendu, ont immédiatement suscité l’attention des autorités. Surveillés de près, les réseaux sociaux deviennent un terrain d’intervention prioritaire pour les forces de l’ordre, notamment l’antenne cybercriminalité de la gendarmerie.
Une parole irresponsable dans une période explosive
Entre le 7 et le 10 mai, un homme de 51 ans, domicilié à la tribu de Koulnoué à Hienghène, a publié sous pseudonyme un message visant directement l’État. Dans ce texte, il évoquait la possibilité d’un « 13 mai bis », appelant à « éteindre la mèche de la bombe ».
Entendu par les enquêteurs, l’auteur présumé, sans antécédents judiciaires, a reconnu les faits. Il a expliqué avoir agi sans mesurer la portée de ses propos, dans un moment d’égarement. Une justification qui peine à convaincre au regard de la gravité du message.
Car au-delà des mots, c’est bien la menace implicite d’un embrasement collectif qui inquiète les autorités. Dans un territoire marqué par des tensions récurrentes, ce type de discours n’a rien d’anodin.
Un second message encore plus radical
Parallèlement, un autre individu, âgé de 49 ans et domicilié à la tribu de Néaria à Houaïlou, a lui aussi été interpellé. Ce dernier est poursuivi pour avoir publié un message appelant explicitement à « refoutre le feu au pays », visant tout ce qui représente l’État français.
Lors de son audition, cet homme, déjà connu de la justice pour des infractions routières, a reconnu être à l’origine de ces propos. Il a déclaré qu’il s’agissait de « paroles en l’air » prononcées sous le coup de la colère.
Mais là encore, la justice rappelle que les mots ont des conséquences, surtout lorsqu’ils sont diffusés publiquement sur des plateformes accessibles à tous. Dans un contexte aussi sensible, ces déclarations peuvent être perçues comme de véritables incitations à la violence.
Jusqu’à cinq ans de prison : la fermeté de l’État
Les deux hommes comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Nouméa le 15 décembre 2026. Ils encourent jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et plus de 5 millions de francs Pacifique d’amende.
Le parquet insiste : la provocation directe et publique à la commission d’un crime ou d’un délit, même non suivie d’effet, constitue une infraction pénale lourde. Elle traduit une volonté claire de pousser à l’action, et non une simple opinion.
Dans ce dossier, le rôle de la gendarmerie a été déterminant. Grâce à la surveillance active des réseaux sociaux, les enquêteurs ont pu identifier rapidement les auteurs présumés. Une démonstration que l’impunité en ligne n’existe plus.
À l’heure où certains cherchent à attiser les divisions, l’État réaffirme son autorité. La liberté d’expression ne saurait être un prétexte pour appeler à la violence ou menacer la stabilité d’un territoire.
(Crédit photo : Conseil de l'Europe)

