Sur un pénalty de Mbappé, les Bleus arrachent leur billet pour les quarts

Dans la fournaise de Philadelphie, l'équipe de France a longtemps buté sur le bloc paraguayen avant qu'un pénalty de son capitaine ne fasse céder la digue. Une victoire étriquée mais suffisante pour rejoindre le Maroc dans le dernier carré du Mondial.
Il aura fallu attendre l'heure de jeu passée pour voir la France desserrer l'étreinte. Pendant soixante-dix minutes, les hommes de Didier Deschamps ont tourné autour d'une défense paraguayenne compacte, repliée à dix dans ses vingt mètres, décidée à souffrir plutôt qu'à céder. La délivrance est venue du point de pénalty : après une faute sur Désiré Doué dans la surface, signalée à l'arbitre après consultation de la vidéo, Kylian Mbappé a pris ses responsabilités et trompé Orlando Gill pour offrir aux siens un succès aussi précieux que laborieux.
Une domination stérile puis récompensée
Le scénario était écrit d'avance, ou presque. Largement favoris, portés par un parcours parfait en phase de groupes et une démonstration face à la Suède en seizièmes, les Bleus ont posé le jeu dans le camp adverse dès le coup d'envoi. Possession écrasante, corners à répétition, mais peu d'occasions franches face à un Gill impérial, meilleur gardien du tournoi en nombre d'arrêts. Le trio Mbappé, Dembélé, Olise s'est heurté à une Albirroja disciplinée, agressive dans les duels, fidèle à la méthode Gustavo Alfaro qui avait déjà eu raison de l'Allemagne aux tirs au but.
La première période s'était achevée sur un nul vierge frustrant. Il a fallu que la France hausse le rythme après la pause, qu'elle joue plus vite et plus direct, pour enfin faire vaciller le mur guarani. Le but de Mbappé, au-delà de la qualification qu'il scelle, a une saveur particulière : l'attaquant du Real Madrid rejoint Lionel Messi en tête du classement des buteurs de cette Coupe du monde.
Un contexte extrême et un adversaire prévenu
Rien n'aura été simple pour les Tricolores. La chaleur étouffante de Philadelphie, proche des quarante degrés au coup d'envoi, a imposé des pauses fraîcheur et pesé sur le rythme. Deschamps a par ailleurs dû composer avec le forfait de dernière minute d'Aurélien Tchouaméni, remplacé au milieu par Manu Koné. Autant de contrariétés qui ont rendu la tâche plus rugueuse face à une équipe venue sans complexe, forte de son statut de bourreau de l'Allemagne.
L'histoire, elle, bégaie un peu. C'est déjà en huitièmes de finale, lors du sacre de 1998, que la France avait dû s'employer pour écarter ce même Paraguay, délivrée dans les prolongations par un but en or de Laurent Blanc. Vingt-huit ans plus tard, les Bleus retrouvent l'Albirroja au même stade de la compétition, avec la même obligation de patience, et le même dénouement heureux.
Le Maroc en ligne de mire
En quarts de finale, la France retrouvera le Maroc, vainqueur du Canada plus tôt dans la journée. Les Lions de l'Atlas, solides et rapides, poseront un tout autre problème que le bloc bas paraguayen. Reste que cette victoire au forceps, sans briller, envoie un signal ambigu : la meilleure attaque du tournoi a montré ses limites face à une équipe décidée à défendre son but avec les tripes. Pour aller chercher une troisième étoile, les hommes de Deschamps devront hausser le ton. Mais l'essentiel est là.
Les Bleus sont dans le dernier carré des grandes nations, et c'est tout ce qu'on retiendra au coup de sifflet final.

