Banque en panne : My Infinéo sous pression

La modernisation bancaire ne se fait jamais sans heurts et, en Nouvelle-Calédonie, la réalité rattrape les promesses numériques.
Entre ambition technologique et exigences du quotidien, les clients attendent des résultats concrets.
Une migration massive qui met les systèmes à l’épreuve
Depuis le 1er juillet, la bascule vers le nouveau système bancaire My Infinéo marque un tournant pour le secteur financier en Nouvelle-Calédonie. Plus de 6 000 clients se sont déjà connectés à cette nouvelle plateforme, preuve d’une adoption rapide et d’un réel besoin de modernisation. Mais derrière cette dynamique, la transition révèle aussi ses limites : difficultés d’accès, anomalies sur certaines opérations et délais inhabituels viennent perturber le quotidien des usagers.
Dans un territoire où la fiabilité des services bancaires est essentielle à la vie économique, ces dysfonctionnements ne passent pas inaperçus. La banque reconnaît elle-même les désagréments et affirme une mobilisation totale de ses équipes pour corriger les incidents. Une situation qui illustre, une fois encore, que la transformation numérique ne peut se faire sans rigueur ni anticipation.
Le passage à My Infinéo s’inscrit dans une logique de modernisation indispensable. Digitalisation des services, simplification des opérations, accès en ligne renforcé : sur le papier, les bénéfices sont clairs. Mais dans les faits, une migration de cette ampleur expose inévitablement les failles d’un système encore en rodage.
Dès les premiers jours, certains clients ont rencontré des difficultés pour accéder à leur espace en ligne. D’autres ont signalé des incohérences dans leurs opérations bancaires. Ces anomalies, bien que temporaires selon l’établissement, fragilisent la confiance, particulièrement dans un contexte où chaque transaction compte pour les ménages comme pour les entreprises.
L’établissement assure que les services se stabilisent progressivement, signe que les ajustements techniques sont en cours. Une réalité classique dans les grandes migrations informatiques, mais qui exige une réactivité sans faille pour éviter l’enlisement.
Des opérations progressivement rétablies, mais encore des blocages
Sur le terrain, plusieurs avancées concrètes ont été confirmées. Les virements CAFAT ont désormais été crédités, mettant fin à une attente particulièrement sensible pour de nombreux bénéficiaires. De même, les soldes des distributeurs automatiques et des services associés sont désormais à jour, signe d’un retour progressif à la normale.
Concernant les chèques, les encaissements en retard doivent être régularisés rapidement, selon un calendrier annoncé. Ces corrections montrent que les priorités ont été identifiées et traitées.
Mais tout n’est pas encore résolu. Certains virements en provenance de métropole ou vers des comptes externes restent en attente, créant des situations parfois délicates. À cela s’ajoutent des décalages dans l’envoi de SMS, qui compliquent le suivi des opérations pour les clients.
Dans un système bancaire, chaque retard peut avoir des conséquences concrètes. Le moindre blocage devient une source d’inquiétude, surtout dans un territoire insulaire où les délais logistiques sont déjà une réalité quotidienne.
Une mobilisation affichée et une exigence de responsabilité
Face à l’afflux de demandes, le service client est sous pression. Le volume d’appels a fortement augmenté, rendant l’accès aux conseillers plus difficile. Une situation que la banque reconnaît, tout en annonçant un renforcement imminent de ses effectifs.
Des outils d’accompagnement ont été mis en place pour aider les utilisateurs à prendre en main la plateforme. Guides, tutoriels et assistance en ligne sont accessibles pour faciliter l’usage de My Infinéo. En parallèle, des numéros dédiés permettent de joindre le service client, malgré une saturation ponctuelle.
Point essentiel : aucun frais lié aux dysfonctionnements ne sera facturé aux clients. Une décision attendue, qui vise à préserver la confiance et à éviter toute pénalisation injustifiée.
Dans cette phase de transition, une réalité s’impose : la modernisation ne peut réussir que si elle reste au service des usagers. Les promesses technologiques doivent s’accompagner d’une exécution irréprochable.
Car au-delà des outils, c’est bien la crédibilité du système bancaire qui est en jeu. Les Calédoniens n’attendent pas des excuses, mais des résultats. Et, dans un contexte économique exigeant, la fiabilité des services reste une condition non négociable.
(Crédit photo : OPT-NC)

