Je me suis réveillé pour France–Angleterre… et j’ai oublié le reste

Je me réveille dimanche matin.
Dehors, ça tombe. Fort.
Dedans, ça commence.
France–Angleterre.
Petite finale de la Coupe du monde 2026.
Je crois revivre la guerre de Cent Ans… version café serré.
8 h.
C’est tôt.
Mais c’est sacré.
Dernier match pour Didier Deschamps.
La der des der.
Le moment où tout se joue… même l’image.
Je vais lancer la cafetière.
Mode fusion.
Je vais sortir les viennoiseries.
Mode profusion.
Téléphone ?
Mode avion.
Le monde ?
J’essaie pareil.
Mais le monde insiste.
Vigilance orange.
Pluies. Orages.
100 à 150 mm qui tombent comme si de rien n’était.
Des routes coupées.
La RT1 bloquée.
La RT3 impraticable.
Des gens coincés.
Des centres ouverts.
Des événements annulés.
Le week-end… effacé.
Et puis il y a pire.
Un homme.
À Touho.
Il essaie de traverser un radier inondé.
Son véhicule est emporté.
Par les pluies.
Violentes.
La gendarmerie parle d’un décès.
Une enquête est en cours.
Et moi…
Je suis là.
Devant bientôt mon match.
Je vais bloquer.
Deux secondes.
Le café va refroidir un peu.
L’ambiance aussi.
Puis le ballon va rouler.
Et tout va repartir.
Chaque passe va compter.
Chaque action aussi.
Comme si ça pouvait compenser quelque chose.
Je vais boire.
Trop vite.
Je vais manger.
Sans goûter.
Je vais me dire que c’est « juste une petite finale ».
Mais contre l’Angleterre.
Donc en fait… ce n’est jamais juste.
Le rythme va s’accélérer.
Moi aussi.
La pluie.
Le match.
Les infos.
Tout va se mélanger.
Le monde va déborder.
Le terrain aussi.
Et au final…
Je serai là.
À vibrer pour un score.
Alors que dehors…
c’est déjà beaucoup plus lourd.
Mais je vais rester devant.
Bref.
(Crédit photo : Bryan Berlin / Wikimedia Commons CC BY-SA 4.0 | Marina Khromova / iStock montage Toute l'Europe)

