Bataillon du Pacifique : la leçon des collégiens

Résumé IA
Le mercredi 30 septembre 2026, la Maison du Combattant de Nouméa accueille la cérémonie du prix du COMSUP, présidée par Gabriel Soubrier, récompensant neuf classes pour leur travail sur le retour du bataillon du Pacifique. Le collège François Ollivaud remporte le premier prix avec un escape game, suivi du lycée Jules Garnier, du collège de Kaméré, de celui de Koumac et du lycée Jean XXIII.
Ici, pas de repentance ni de discours larmoyant : des élèves qui célèbrent des héros. À Nouméa, la jeunesse calédonienne a montré qu'elle savait d'où elle venait.
Le 21 mai 1946, une date qui appartient à tous les Calédoniens
Le mercredi 30 septembre 2026, la Maison du Combattant de Nouméa a accueilli bien plus qu'une simple remise de prix. Elle a accueilli une génération qui refuse l'oubli.
Présidée par le commandant supérieur des Forces armées en Nouvelle-Calédonie, Gabriel Soubrier, la cérémonie du prix du COMSUP a récompensé l'engagement et la créativité de la jeunesse calédonienne. Neuf classes de collèges et de lycées ont concouru pour cette deuxième édition.
Le thème ne devait rien au hasard : « Le retour du bataillon du Pacifique ».
Ce jour-là, les hommes du bataillon du Pacifique rentraient au pays. Ils avaient quitté la Nouvelle-Calédonie pour combattre aux côtés de la France libre, de Bir Hakeim à l'Italie puis jusqu'en Provence. Certains ne sont jamais revenus.
Quatre-vingts ans plus tard, ce sont des adolescents qui reprennent le flambeau.
Les élèves avaient le choix entre deux sujets d'étude : la figure du héros, ou la journée du 21 mai 1946 elle-même. Deux angles, une même exigence. Comprendre ce que signifie servir, et ce que l'on doit à ceux qui l'ont fait.
Toutes les classes étaient invitées à participer. Mais les classes de défense, ces dispositifs qui rapprochent concrètement l'école et l'institution militaire, étaient particulièrement visées. Un choix cohérent, à l'heure où tant de discours cherchent à opposer la jeunesse à ses propres racines.
L'organisation a été placée sous l'autorité du commandant de la base navale, référent des FANC pour le trinôme académique, avec l'appui du directeur du Centre du service national et de la jeunesse de Nouvelle-Calédonie. C'est d'ailleurs le CSNJ de Nouméa qui a porté l'événement sur le terrain.
La remise des prix a été suivie d'une visite mémorielle. Parce que la mémoire ne s'apprend pas seulement dans les livres.
Escape game, ferronnerie, chanson : la mémoire sous toutes ses formes
Le premier prix revient au collège François Ollivaud. Son idée ? Un escape game construit autour de la visite virtuelle de l'exposition « Les Calédoniens sous l'uniforme », présentée à la Maison du Combattant.
Voilà qui devrait faire réfléchir ceux qui prétendent que l'histoire militaire n'intéresse plus personne. Ces élèves ont transformé un parcours d'exposition en expérience ludique, sans rien sacrifier au fond. Le résultat parle de lui-même.
Le lycée Jules Garnier se classe deuxième avec une œuvre de ferronnerie. Le métal, le geste, la patience : une manière très concrète de rendre hommage.
Troisième, le collège de Kaméré a misé sur la musique avec sa chanson numérique « Nos héros du Bataillon ». Le titre dit tout.
Au collège de Koumac, c'est le bois qui a servi de matière première. Sa sculpture, baptisée « La figure du héros », décroche la quatrième place.
Enfin, le lycée Jean XXIII complète le palmarès avec un livre biographique consacré à Albert Cubbada. Un nom, un visage, une vie. Sortir les combattants de l'anonymat, c'est peut-être la forme la plus juste du devoir de mémoire.
Cinq projets. Cinq disciplines différentes. Et une même conviction : ces hommes méritent qu'on se souvienne d'eux.
Les organisateurs ont salué l'engagement de tous les participants, au premier rang desquels les élèves. Ils ont également remercié les partenaires du trinôme académique de Nouvelle-Calédonie pour leur rôle dans le développement du lien armées-jeunesse, ainsi que les unités marraines qui accompagnent les classes tout au long de l'année.
2027 : cap sur les 25 ans de l'exercice Croix du Sud
Le prix du COMSUP ne compte pas s'arrêter là. La thématique de l'édition 2027 a déjà été dévoilée : les 25 ans de l'exercice Croix du Sud.
Créé en 2002, cet exercice des FANC se tient tous les deux ans. Il mobilise de nombreux partenaires du Pacifique avec un objectif clair : renforcer la préparation collective face aux catastrophes naturelles, et notamment aux épisodes cycloniques.
Le choix est intéressant. Après la mémoire des combattants, place à une autre facette de l'action militaire, celle qui protège les populations quand la nature frappe. Pour des jeunes Calédoniens qui connaissent la saison cyclonique, le sujet ne sera pas abstrait.
Il montre aussi que la présence des armées françaises dans le Pacifique ne se résume pas à un héritage. Elle est une réalité opérationnelle, quotidienne, au service de la Nouvelle-Calédonie et de ses voisins.
En attendant, une chose est acquise. Dans les collèges et les lycées du territoire, des enseignants et des élèves ont choisi de regarder leur histoire en face, avec fierté plutôt qu'avec rancœur.
Le bataillon du Pacifique est rentré le 21 mai 1946. Grâce à eux, il n'est pas près d'être oublié.
(Crédit photo : TNTVnews)


