Squats à Nouméa : l’État passe à l’offensive

Résumé IA
Jeudi 8 octobre, le Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) s’est réuni à Nouméa autour de la maire, du haut-commissaire et du procureur de la République. Squats, errance et troubles à l’ordre public figurent parmi les priorités, inscrites dans un nouveau contrat de prévention et de sécurité courant jusqu’en 2030.
Sécurité à Nouméa : la Ville, l’État et la justice autour d’une même table. Squats, errance, troubles à l’ordre public, les dossiers qui pèsent sur le quotidien des habitants étaient au programme.
Un front commun entre l’État, la mairie et la justice
La sécurité n’est pas une option. C’est la première des libertés.
À Nouméa, les autorités semblent l’avoir rappelé jeudi 8 octobre. Le Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance, le CLSPD, s’est réuni en présence de la maire, du haut-commissaire et du procureur de la République.
Autour d’eux, l’ensemble des partenaires mobilisés pour la sécurité et la prévention sur le territoire.
Un message clair, avant même les annonces : sur ce sujet, chacun est attendu au rendez-vous.
Trop souvent, les habitants ont le sentiment que les responsabilités se diluent. La commune renvoie vers l’État, l’État vers la justice, la justice vers les moyens qui manquent.
Cette réunion visait précisément l’inverse.
L’objectif affiché était de renforcer le partenariat entre les services de l’État, la Ville de Nouméa, les forces de sécurité et les acteurs sociaux. Une seule ambition partagée : agir ensemble pour prévenir la délinquance et améliorer la sécurité au quotidien.
Le mot « quotidien » compte. Il ne s’agit pas de grands discours, mais de ce que vivent les Nouméens en rentrant chez eux le soir, en attendant le bus ou en ouvrant leur commerce le matin.
La présence simultanée du représentant de l’État et du parquet n’est pas anodine. Elle signifie que la chaîne pénale et la puissance publique sont associées dès l’amont.
Prévenir, oui. Mais avec ceux qui ont aussi la charge de sanctionner.
Squats, errance, quartiers : les sujets qui fâchent sur la table
Les axes de travail retenus parlent d’eux-mêmes.
Premier dossier : la prise en charge des personnes sans domicile fixe souffrant de troubles liés à l’alcool ou à la santé mentale. Une réalité visible dans plusieurs secteurs de la ville, et que les riverains connaissent bien.
Ce n’est pas faire preuve de dureté que de le dire. C’est simplement refuser de détourner le regard, pour les personnes concernées comme pour ceux qui partagent l’espace public avec elles.
Deuxième dossier, plus frontal : la lutte contre les squats.
Occupations illégales, terrains et bâtiments investis sans droit ni titre, le sujet touche directement au respect de la propriété et à l’autorité de la loi. Le voir inscrit noir sur blanc parmi les priorités est un signal attendu.
Troisième axe : une approche renforcée de la proximité dans les quartiers.
Car la sécurité ne se décrète pas depuis un bureau. Elle se construit sur le terrain, au contact des habitants, avec des forces présentes, identifiées, qui connaissent les rues qu’elles patrouillent.
Un cap fixé jusqu’en 2030
Ces orientations ne relèvent pas de l’improvisation.
Elles s’inscrivent dans le nouveau Contrat nouméen de prévention et de sécurité 2026-2030. Ce document fixe des orientations et des engagements communs pour renforcer la prévention et la sécurité à Nouméa.
Quatre ans, c’est un horizon. Assez long pour mener une politique cohérente, assez court pour en mesurer les résultats.
C’est là que tout se jouera.
Les engagements écrits ont une valeur. Mais les Nouméens jugeront sur les actes : des squats évacués, des quartiers apaisés, une présence réelle des forces de l’ordre, une réponse ferme quand la loi est bafouée.
La capitale calédonienne a besoin d’ordre autant que de solidarité. Les deux ne s’opposent pas. Ils vont ensemble, à condition que l’autorité publique assume pleinement son rôle.
Jeudi, autour de la table du CLSPD, l’État, la Ville et la justice ont affiché leur volonté d’avancer d’un même pas.
Reste désormais à tenir la cadence.
(Crédit photo : Haut-Commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie)


