La panne survenue dimanche dernier sur un poste électrique du site de Doniambo a agi comme un électrochoc. En quelques minutes, une large partie de la Nouvelle-Calédonie s’est retrouvée plongée dans le noir, ravivant une exaspération déjà palpable face à la répétition des coupures. Sur les réseaux sociaux comme à l’antenne des radios locales, la colère est montée d’un cran. Pour le gouvernement, cette fois, il n’était plus possible de laisser passer.
Une panne de plus, une patience à bout
L’incident technique intervenu sur un équipement stratégique du réseau a mis en évidence la fragilité d’un système électrique déjà sous tension. Si les coupures ne sont pas nouvelles, leur fréquence et leur ampleur interrogent désormais ouvertement la capacité du territoire à garantir un service continu, aussi bien pour les particuliers que pour les entreprises et les services publics.
Face à cette situation, l’exécutif a décidé de convoquer en urgence l’ensemble des acteurs clés de la filière afin de dresser un état des lieux précis et sans détour. Autour de la table : Enercal, EEC, la SLN, dont le rôle reste central dans l’équilibre du système électrique, ainsi que les services techniques du gouvernement.
Diagnostic partagé et responsabilités clarifiées
L’objectif de cette réunion n’était pas de désigner un coupable, mais de comprendre. Les échanges ont permis d’identifier des causes multiples aux coupures observées ces derniers mois : contraintes techniques, limites organisationnelles, facteurs conjoncturels. Un constat lucide, mais sans fard : la coordination entre opérateurs peut et doit être améliorée.
Invité sur une radio locale, le membre du gouvernement en charge de l’énergie, Christopher Gygès, a reconnu un déficit manifeste dans la circulation de l’information lors de la dernière panne. Trop tardive, trop floue, elle a laissé les usagers dans l’incompréhension, aggravant le sentiment d’abandon.
Informer mieux, agir plus vite
Pour l’exécutif, l’enjeu est désormais double : éviter que ces incidents ne se reproduisent et restaurer la confiance. Cela passe d’abord par une information plus claire et plus rapide des Calédoniens en cas de coupure, avec des explications compréhensibles sur les causes et les délais de rétablissement.
Mais le discours ne se limite pas à la communication. Des investissements ciblés sont annoncés, notamment sur certains équipements sensibles comme les transformateurs, afin de renforcer la résilience du réseau. En parallèle, la question de la gouvernance du système électrique est posée sans détour : chacun devra jouer pleinement son rôle, dans un cadre mieux coordonné.
Un suivi mensuel pour sortir de la crise par le haut
À l’issue de la réunion, le gouvernement a acté la mise en place de rendez-vous mensuels avec les opérateurs du secteur. Un suivi régulier destiné à anticiper les risques, mesurer l’avancement des actions engagées et éviter que les mêmes causes ne produisent, encore et encore, les mêmes effets.
L’exécutif affirme vouloir inscrire cette démarche dans la durée, avec une priorité affichée : sécuriser l’approvisionnement électrique du territoire et améliorer concrètement la qualité du service rendu. Reste désormais à transformer ces engagements en résultats tangibles. Car sur ce sujet, la patience des Calédoniens, elle, n’est clairement plus extensible.

















