Deux mandats n’auront pas entamé sa détermination.
À Nouméa, l’heure est désormais à la continuité assumée et à l’autorité municipale revendiquée.
Une candidature de continuité dans un contexte politique et financier tendu
C’était un secret de polichinelle, désormais officialisé. Ce mercredi 4 février 2026, Sonia Lagarde a annoncé sa candidature pour briguer un troisième mandat de maire de Nouméa. Une décision longuement mûrie, assumée et présentée comme un choix de responsabilité dans un contexte jugé particulièrement instable pour la capitale et pour l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie.
Première femme maire de Nouméa depuis 2014, après avoir succédé à Jean Lèques, et ancienne députée, Sonia Lagarde s’inscrit dans la durée. Son engagement politique nouméen débute en 2001, avant un long parcours d’opposition, puis une conquête majeure en 2014, lorsqu’elle ravit Nouméa au Rassemblement, bastion historique de la droite locale. Une victoire alors rendue possible par le contexte politique issu du succès de Calédonie ensemble aux législatives de 2012.
Depuis, la maire sortante a traversé des périodes de fortes turbulences : crise interne de sa majorité entre 2014 et 2019, tensions politiques ouvertes avec Philippe Gomès, pandémie de Covid-19, émeutes, restrictions budgétaires sévères. Malgré cela, elle revendique être restée « maître à bord », assumant des décisions parfois impopulaires mais présentées comme nécessaires.
Un bilan revendiqué : rigueur budgétaire et transformation urbaine
Lors des municipales de 2020, organisées dans un contexte sanitaire inédit, Sonia Lagarde l’emporte dès le premier tour avec 63,93 % des suffrages et 46 sièges sur 53 au conseil municipal. Une victoire nette, sans ambiguïté, qui lui confère une légitimité politique solide.
Pour cette nouvelle campagne, la maire sortante met en avant un triptyque clair : stabilité, solidité, sérieux. Trois mots qu’elle présente comme le fil conducteur de son action passée et future. Elle insiste sur une gestion rigoureuse des deniers publics, revendiquant un redressement financier de la commune malgré les crises successives.
Parmi les réalisations mises en avant figurent des chantiers structurants : la route du Port-Despointes, la rue Jaurès, le parc de la polyclinique à l’Anse Vata. Des travaux jugés nécessaires, parfois contraignants pour les habitants, mais assumés au nom de l’intérêt général et de l’embellissement durable de Nouméa.
Sonia Lagarde réfute toute politique de projets déconnectés des réalités. Elle promet des orientations réalistes, compatibles avec la situation budgétaire actuelle, loin des annonces jugées irréalistes ou clientélistes. Une ligne qui tranche avec les discours de rupture ou de victimisation qu’elle critique implicitement.
Une liste sans étiquette, mais clairement structurée autour de l’expérience
La candidate repart avec une liste au nom inchangé : « Avec vous pour Nouméa ». Une marque désormais identifiée par les électeurs, qu’elle revendique comme transpartisane. Sonia Lagarde insiste : « Je ne suis pas encartée ». Une manière d’affirmer une indépendance politique, tout en assumant une ligne municipale ferme.
Autour d’elle, des fidèles : Jean-Pierre Delrieux, Tristan Derycke, mais aussi de nouveaux visages, comme Francis Maluia, président de l’association Solidarité RS, ou Jean Saussay, président du Collectif handicap. D’autres figures, telles que Françoise Suvé ou Diane Bui-Duyet, quittent la liste. Un choix assumé : faire de la place au renouvellement, sans renier l’expérience.
La surprise majeure reste l’arrivée d’Emmanuel Bérart, élu d’opposition de Générations Nouméa. Il justifie son ralliement par la gravité de la situation institutionnelle et économique, estimant que les querelles partisanes ne sont plus de mise. Un signal politique fort, que Sonia Lagarde présente comme la preuve qu’à Nouméa, l’action municipale prime sur les postures idéologiques.
À 77 ans, la maire sortante balaie la question de l’âge. Elle affirme disposer de l’énergie, de la volonté et de la solidité nécessaires, laissant aux électeurs le soin de trancher. Son projet de ville se veut moderne, sécurisée, apaisée, ouverte sur le monde mais enracinée dans le réel, avec deux grands projets annoncés au nord et au sud de la commune, dont les détails seront dévoilés ultérieurement.
Face à elle, la concurrence reste limitée. À ce stade, seule Virginie Ruffenach, pour le Rassemblement, s’est officiellement déclarée. Dans un paysage politique fragmenté, Sonia Lagarde parie sur l’expérience, la continuité et une gouvernance municipale assumée, loin des promesses faciles.


















