La France qui produit, qui transforme et qui gagne existe encore.
À Paris, au cœur des institutions, l’excellence apicole calédonienne vient de le rappeler avec force.
Un concours national exigeant au cœur des institutions françaises
Le Concours des miels de France, organisé chaque année par l’Union nationale de l’apiculture française (UNAF), s’est imposé comme la référence nationale pour l’évaluation des miels et des produits de la ruche.
La 9ᵉ édition, tenue le 5 février 2026, s’est déroulée dans un cadre hautement symbolique : le Conseil économique, social et environnemental (CESE), au palais d’Iéna, à Paris.
Sous la présidence d’honneur du chef Michel Troisgros, cet événement n’a rien d’un concours folklorique. Il s’agit d’un outil de défense du patrimoine alimentaire français, face aux importations frauduleuses et à la banalisation du goût.
Près de 300 jurés français et internationaux apiculteurs chevronnés, Meilleurs Ouvriers de France, journalistes spécialisés et professionnels du goût ont évalué les produits selon des critères stricts : aspect, texture, arômes, équilibre et qualité gustative.
Avant toute dégustation, les échantillons ont été analysés par le laboratoire du CARI, en Belgique, garantissant l’authenticité des miels et hydromels présentés. Une rigueur scientifique assumée, loin des discours idéologiques et du marketing vide.
Des médailles qui consacrent le savoir-faire calédonien
La Nouvelle-Calédonie s’est illustrée avec éclat lors de cette édition 2026, confirmant que l’excellence française ne s’arrête pas aux frontières hexagonales.
Patrick Leblanc, apiculteur de Les Trésors de l’Île, accompagné de Wako Sinémaja, a remporté la médaille d’or dans la catégorie « miel rare tropical » pour un miel de Lifou. Une distinction partagée à égalité avec la Guadeloupe, qui consacre un produit issu d’un terroir ultramarin d’exception, longtemps ignoré par les circuits parisiens.
Guénahel et Agnès Le Sausse, de l’hydromellerie Le Vieux Sage, à Boulouparis, ont décroché la médaille d’or pour leur hydromel doux et moelleux aux fruits, cuvée 2024. Avec une note exceptionnelle de 91,93/100, ils signent tout simplement la meilleure note, toutes catégories confondues, dans le concours hydromel 2026.
Caroline Faivre, apicultrice du Rucher Sauvage et élue à la Chambre d’agriculture et de la pêche de Nouvelle-Calédonie, a obtenu la médaille de bronze pour son miel inscrit en catégorie « tropical foncé ». Une reconnaissance méritée après plusieurs distinctions locales, qui confirme la constance et la rigueur de son travail.
Ces résultats ne doivent rien au hasard. Ils sont le fruit d’une apiculture de terrain, enracinée, loin des slogans, qui assume la qualité avant la quantité.
Une vitrine nationale pour défendre les terroirs et les producteurs
Le Concours des miels de France ne se limite pas aux miels. L’édition 2026 comprenait :
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40 sections de miels : toutes fleurs, monofloraux (lavande, thym, tilleul, châtaignier), miels de terroir, miels rares et miels tropicaux comme le tan rouge ;
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1 section de pains d’épices ;
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4 sections d’hydromels ;
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6 sections de nougats au miel.
Pour concourir, les règles sont claires et assumées : produire en France métropolitaine ou outre-mer, déclarer au moins 50 ruches en production et présenter des lots de 300 kg minimum. Une sélection qui écarte l’amateurisme et protège la crédibilité du label français.
Les lauréats reçoivent un diplôme officiel, des médailles autocollantes à apposer sur leurs produits et une visibilité médiatique nationale, notamment via les réseaux de l’UNAF. Un levier économique concret, loin des aides publiques inefficaces.
Dans un contexte de fraudes massives au miel importé, ce concours agit comme un rempart. Il valorise le travail réel, celui des apiculteurs qui produisent, transforment et respectent les règles.
La réussite des Calédoniens rappelle une évidence trop souvent oubliée : les territoires français savent encore produire de l’excellence, sans repentance ni discours victimaires.
La médaille n’est pas un symbole creux. Elle est la preuve chiffrée que la France apicole, lorsqu’elle est soutenue par des règles claires et une exigence assumée, peut encore dominer par la qualité.


















