Moins d’un mois avant un scrutin municipal décisif, la Nouvelle-Calédonie continue de fonctionner.
Loin du tumulte électoral, le Congrès assume ses responsabilités budgétaires et institutionnelles.
Un Congrès au travail malgré l’agitation des municipales
Alors que la campagne des élections municipales du 15 mars 2026 monopolise l’attention médiatique et politique, les institutions calédoniennes poursuivent leur mission. Les conseillers du Congrès de la Nouvelle-Calédonie sont appelés à siéger cette semaine, boulevard Vauban, rappelant une réalité souvent occultée : la continuité de l’action publique ne se met pas en pause électorale.
Conformément à l’article 35 du règlement intérieur, la commission permanente se réunira le lundi 9 février 2026 à 14 heures, dans l’hémicycle. À l’ordre du jour : huit projets de délibération essentiellement fonciers, illustrant une politique pragmatique tournée vers les communes, l’aménagement du territoire et la stabilité institutionnelle.
Plusieurs cessions gratuites de parcelles seront examinées au profit de Boulouparis, Koumac, Koné et Dumbéa, mais aussi de l’ADRAF à Hienghène et à Pouembout. Une vente de gré à gré au profit de particuliers figure également à l’ordre du jour. Des décisions concrètes, loin des slogans de campagne, mais essentielles au développement local.
Désignations stratégiques et réformes structurantes à l’agenda
Au-delà des dossiers fonciers, le Congrès devra procéder à la désignation des membres de la commission d’évaluation des politiques publiques, conformément à l’article 99-2 du règlement intérieur. Composée de onze membres, dont le président du Congrès, cette commission incarne un outil clé de contrôle, d’efficacité et de responsabilité de l’action publique, souvent réclamé mais rarement mis en avant.
Autre temps fort : la désignation de rapporteurs spéciaux sur trois avant-projets majeurs. Sont concernés :
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la réglementation de l’hébergement touristique et la création d’une taxe de séjour sur les locations saisonnières ;
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un texte portant diverses dispositions fiscales, domaniales et douanières ;
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la création de la partie législative du futur code de l’habitat de la Nouvelle-Calédonie.
Ces textes, transmis pour information aux élus en janvier, témoignent d’une volonté claire : structurer durablement l’économie, le logement et les finances, sans céder aux postures idéologiques ni à la victimisation permanente.
TGC 2026 : un arbitrage budgétaire sous contrainte mais assumé
Le cœur des débats se jouera toutefois le mardi 10 février 2026, lors de la réunion de la commission des finances et du budget, conjointe à celle de la réglementation économique et fiscale. Objectif : examiner les articles du budget primitif 2026, notamment l’affectation de la taxe générale sur la consommation (TGC).
Pour 2026, le rendement net prévisionnel de la TGC atteint 47,2 milliards de F CFP, soit une hausse de 7 % par rapport à 2025. Un signal positif, mais qui ne masque pas une réalité : les marges de manœuvre restent étroites après la crise de mai 2024 et le poids persistant des déficits structurels.
Sur les 33,2 milliards de F CFP affectés au budget de reversement :
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28,1 milliards iront à l’Agence sanitaire et sociale (ASSNC), en baisse de près de 2 milliards, afin de préserver l’équilibre des comptes sociaux sans fuite en avant ;
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1,35 milliard sera alloué à l’ADANC, garantissant la continuité territoriale malgré une réduction de 200 millions ;
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200 millions seront maintenus pour le Port autonome, confirmant un choix de stabilité ;
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400 millions iront au GIE Nouvelle-Calédonie Tourisme, en hausse de 54 %, pour accompagner sa transformation en agence d’attractivité intégrée ;
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3,1 milliards seront consacrés à l’ARDC, afin d’assurer le remboursement rigoureux de la dette COVID, notamment auprès de l’AFD.
Le message est clair : priorité à la responsabilité budgétaire, au remboursement de la dette et à la continuité des services essentiels. Une ligne de gestion réaliste, loin des promesses intenables et des discours anxiogènes.
Dans un contexte politique tendu, le Congrès de la Nouvelle-Calédonie rappelle une évidence trop souvent oubliée : gouverner, c’est arbitrer, même et surtout en période électorale.

















