En Nouvelle-Calédonie, l’accès aux soins visuels est devenu un enjeu de santé publique reconnu. Face à des délais d’attente qui s’allongent et à une pénurie durable de spécialistes, le Syndicat des Opticiens-Lunetiers de Nouvelle-Calédonie (SOLNC) a décidé de passer à l’action. Dans un communiqué daté du 6 février 2026, il annonce le lancement d’une pétition citoyenne afin de saisir le Conseil économique, social et environnemental et obtenir l’examen d’une réforme du parcours d’optique .
Des délais qui mettent la santé visuelle sous tension
Le constat posé par le SOLNC est sans détour. « Les délais pour obtenir un rendez-vous chez un ophtalmologiste se comptent en mois, parfois en semestre », souligne le communiqué. Une situation qui conduit certains patients à renoncer purement et simplement aux soins.
Les conséquences sont clairement identifiées : « difficultés scolaires chez les enfants, risques accrus pour les conducteurs, aggravation de pathologies visuelles faute de suivi médical ». Pour le syndicat, ces effets dépassent le simple inconfort et traduisent une dégradation réelle de la prévention et du suivi visuel sur le territoire .
Une pénurie structurelle d’ophtalmologistes
Au cœur du problème, la rareté des spécialistes. La Nouvelle-Calédonie ne compterait aujourd’hui « qu’une dizaine d’ophtalmologistes libéraux pour l’ensemble du territoire », un chiffre appelé à diminuer encore avec des départs annoncés et sans perspective de remplacement à court terme.
Le communiqué rappelle que cette pénurie ne peut être réglée rapidement : « la formation et le recrutement de nouveaux spécialistes nécessitent de nombreuses années ». Même l’allongement, en 2024, de la durée de validité des ordonnances de lunettes à cinq ans est jugé « insuffisant pour désengorger durablement les cabinets d’ophtalmologie » .
Une réforme pragmatique, immédiatement applicable
Face à cette impasse, le SOLNC avance une solution qu’il qualifie de pragmatique et sans surcoût. Le principe : un nouveau parcours de soins fondé sur le binôme médecin généraliste / opticien-lunetier.
« Les opticiens-lunetiers sont aujourd’hui en première ligne face à la détresse de patients qui attendent des mois pour accéder à des soins visuels essentiels. Cette situation n’est plus soutenable », affirme Pierre-David Matan, président du syndicat.
Concrètement, pour les patients de plus de 16 ans, la délivrance de lunettes pourrait s’appuyer sur « l’ordonnance d’un médecin généraliste, associée à l’examen de vue réalisé par un opticien-lunetier, dans un cadre strictement encadré et sécurisé ». Le syndicat insiste : « Aucun nouveau dispositif coûteux, aucun recrutement : les professionnels, les compétences et les équipements sont déjà sur le terrain » .
Une pétition citoyenne pour saisir le CESE
Pour que cette réforme soit étudiée officiellement, le SOLNC mise sur la mobilisation citoyenne. La pétition, accessible via la plateforme du CESE avec une connexion NC Connect, vise un objectif clair : « 400 signatures, seuil à partir duquel le CESE pourra examiner la proposition ».
« Il est essentiel que les Calédoniens, premiers directement impactés par cette situation, puissent exprimer clairement leur volonté », insiste le communiqué. En cas de difficulté, les signataires peuvent même être accompagnés directement chez leur opticien-lunetier .
Avec cette pétition, les opticiens-lunetiers calédoniens entendent replacer la santé visuelle au cœur du débat public. Sans remettre en cause le rôle des ophtalmologistes, ils proposent une réponse immédiate à une urgence reconnue. « Signer cette pétition, c’est défendre un accès équitable aux soins visuels », résume le communiqué. Reste désormais à savoir si la mobilisation citoyenne permettra d’enclencher une réforme attendue de longue date.
















