La violence brute, sans filtre ni excuse, a frappé au cœur d’une ville moyenne.
À Nouméa, un homme de 45 ans a payé de sa vie une nuit de haine et d’alcool.
Un passage à tabac d’une brutalité inouïe dans une rue de Saint-Quentin
Les faits se sont déroulés dans la nuit de samedi à dimanche, rue du maréchal Lyautey, à Nouméa, au sein du quartier de Saint-Quentin.
Un homme de 45 ans, qui se faisait appeler Joëlla, a été retrouvé grièvement blessé et inconscient, avant de succomber à ses blessures.
Selon les premiers éléments de l’enquête, la victime était connue dans le milieu sportif, notamment dans le volley, et disposait également d’une présence active sur les réseaux sociaux.
Les secours ont découvert un corps portant de multiples traces de violences, concentrées en particulier sur la tête.
Rapidement interpellés, deux jeunes hommes âgés de 19 et 24 ans ont été placés en garde à vue.
Lors de leurs auditions, ils ont reconnu avoir porté une série de coups de poing et de coups de pied, visant explicitement la tête de la victime.
Les mis en cause ont toutefois affirmé ne pas avoir eu l’intention de donner la mort, une ligne de défense classique qui devra être confrontée à la réalité médico-légale.
À ce stade, le parquet évoque déjà un déchaînement de violences extrêmement graves et gratuites.
Une piste homophobe privilégiée, sans précipitation idéologique
Ce lundi, une information judiciaire pour meurtre a été ouverte.
Le procureur de la République, Yves Dupas, a confirmé que la piste homophobe est privilégiée, tout en rappelant qu’elle reste une hypothèse parmi d’autres.
Cette prudence procédurale tranche avec les emballements habituels.
Ici, aucune spéculation, uniquement des faits établis et des déclarations consignées.
L’un des auteurs présumés a indiqué être fortement alcoolisé au moment des faits.
Il venait, selon ses dires, d’avoir une dispute avec une tierce personne lorsqu’il a croisé la victime.
Le jeune homme justifie ensuite son passage à l’acte par une proposition sexuelle qu’il affirme avoir reçue de la part de Joëlla, présentée comme un transsexuel connu dans le quartier.
Un argument qui, en droit, ne justifie en rien la violence, encore moins un lynchage.
Toujours selon les déclarations recueillies, la victime aurait été amenée sur un talus, sous prétexte d’attendre le retour d’un cousin.
À leur retour, un violent coup de poing au visage a marqué le début d’un passage à tabac méthodique.
Le parquet évoque une quinzaine de coups de pied portés à la tête, infligés par les deux agresseurs.
La scène s’est poursuivie jusqu’à l’intervention d’un témoin, mettant fin à ce que le ministère public qualifie de violences d’une rare intensité.
Détention provisoire et lourdes peines encourues
Les deux auteurs présumés ont été placés en détention provisoire par ordonnance du juge des libertés et de la détention.
Ils sont déjà connus des services de police pour des faits de vol, dont l’un pour vol avec violence.
Lors des faits, la victime a été retrouvée nue, avec des vêtements déchirés, abandonnée sur un talus.
Les suspects ont reconnu l’avoir déshabillée et lui avoir dérobé une paire de baskets, finalement jetée à l’entrée d’un immeuble voisin.
L’un des mis en cause a admis avoir frappé Joëlla afin de la faire cesser de proposer des faveurs sexuelles dans le quartier.
Un aveu qui pèsera lourdement dans l’analyse de la motivation réelle du crime.
Les premières constatations médico-légales confirment un niveau de violence particulièrement élevé, notamment en raison des coups répétés portés à la tête.
Le procureur précise toutefois qu’il faudra attendre les conclusions définitives de l’autopsie pour établir avec certitude les causes exactes du décès.
Sur le plan pénal, le crime de meurtre est passible de trente ans de réclusion criminelle.
Si l’instruction venait à confirmer la circonstance aggravante liée à l’orientation sexuelle réelle ou supposée de la victime, la peine encourue pourrait être la réclusion criminelle à perpétuité.
Dans ce dossier sensible, la justice avance sans slogan ni posture.
Les faits, eux, rappellent une vérité brutale : aucune dérive, aucune provocation supposée, aucun état d’ivresse ne peut justifier la mise à mort.

















