Référendum : le Comité des sages appelle à la modération

Référendum : le Comité des sages appelle à la modération



Suite aux déclarations de certains groupes politiques, mais pas que, le Comité des sages s’est réuni cet après-midi au haut-commissariat pour lancer un appel à la modération et au respect des convictions de chacun pendant la campagne référendaire. Dans cette période dont l’enjeu est « fondamental et déterminant », les sages souhaitent que les propos et les actes soient « à la hauteur de ce qui doit être transmis aux jeunes générations ».

Déclarations de Daniel Goa, tensions à Ouegoa, suppression des couleurs du drapeau Kanak sur les façades du Congrès, blocages des sites miniers ou hôteliers, ces derniers jours ont été plutôt animés voire tendus. Des déclarations et des faits aux quatre coins de la Nouvelle-Calédonie qui n’ont pas échappé au Comité des Sages. Constitué en décembre 2017, à la demande du Premier ministre, Edouard Philippe, pour la campagne relative à la consultation sur l’accession à la pleine souveraineté, il joue donc son rôle et lance un appel à la modération et au respect des convictions de chacun pour éviter « des initiatives précipitées et irréfléchies ne viennent blesser la société calédonienne en violentant ses valeurs, ou créer un climat délétère ». Pour les sages, les initiatives, les attitudes et les prises de parole de ces derniers jours sont « parfaitement contraires à l’esprit inspiré des Accords de Matignon et de l’Accord de Nouméa » et « viennent heurter les efforts de tous pour maintenir le pays sur la voie de la paix et du dialogue ».

Le comité est composé de Jean-Pierre Aïfa, Rock Apikaoua, Soséfo Falaeo, Jean-Pierre Flotat, Jean Lèques, Anne-Marie Mestre, Elie Poigoune, Marie-Claude Tjibaou, Octave Togna, Fote Trolue, Billy Wapotro.

Tout le monde en prend pour son grade

Dans son communiqué, le Comité des sages n’hésite pas à pointer du doigt ceux qui dépasseraient les limites et qui, par leurs propos ou attitudes « peuvent porter atteinte à la cohésion de la société en ne respectant pas le droit à la différence, l’identité de chacun et la légitimité de chaque communauté ».

Pour le Comité des sages, les tensions à Ouegoa entre tenants du maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France et indépendantistes pour empêcher la tenue d’un meeting du FLNKS auraient pu faire courir un risque à l’ensemble du processus si elles n’avaient été calmées par l’ensemble des partis engagés dans la campagne et l’Etat.  Il appelle donc à la vigilance, « au respect des principes démocratiques » et rappelle que « si les calédoniens aspirent tous à vivre en paix, les risques de dérapage incontrôlé sont réels ».

« Ces propos caricaturaux, qui visent à différencier le bien du mal en fonction des convictions politiques et personnelles, ne peuvent qu’engendrer haine et mépris »

De même, l’initiative « unilatérale » du Président du Congrès, Gaël Yanno, de supprimer les couleurs du drapeau Kanak sur les façades de l’insitution est considéré par les sages « conscient des divergences politiques sur la question du double drapeau » comme une « provocation inutile susceptible de raviver inopportunément un débat qui, dans le passé, a déjà beaucoup divisé les calédoniens ainsi que d’humilier une partie de la population ». Le comité des sages tient à rappeler au président du Congrès la devise de la Nouvelle-Calédonie, inscrite sur le fronton de l’hémicycle « terre de parole, terre de partage ».

Les propose de Daniel Goa ne passent pas. Dans son discours du 6 octobre 2018, le président de l’Union Calédonienne a qualifié les anti-indépendantistes, entre autres, « d’axe du mal ». Pour le Comité des sages, bien que ce discours s’adresse aux militants du parti, « ces propos caricaturaux, qui visent à différencier le bien du mal en fonction des convictions politiques et personnelles, ne peuvent qu’engendrer haine et mépris ». Le comité des sages exprime son incompréhension et appelle les responsables politiques « à montrer l’exemple face aux tentations de repli communautaire ».

« la sérénité doit être de mise tout au long de la campagne électorale officielle qui s’ouvre »

Enfin, pour le Comité, les manœuvres visant à bloquer des sites miniers ou hôteliers « dans l’objectif de promouvoir une idéologie visant à obtenir l’indépendance, à ne la réserver qu’aux kanak, à obtenir la « restitution des terres » en dehors de tout cadre juridique, sont tout à fait inacceptables et contraires à l’Accord de Nouméa ». Le comité des sages apporte son total soutien à l’Etat dans ses actions de maintien de l’ordre permettant « de mettre un terme à ces actes de délinquance pseudo politiques ».

Pour le Comité des sages, « la sérénité doit être de mise tout au long de la campagne électorale officielle qui s’ouvre », et les débats et les actes « fidèles à la parole donnée il y a 30 ans et symbolisée par la poignée de main entre Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur ».

Le Comité des Sages invite donc tous les responsables et les partis politiques, les acteurs de la société civile, chaque calédonien « à veiller à ce que les propos de campagne ou des initiatives précipitées et irréfléchies ne viennent blesser la société calédonienne en violentant ses valeurs, ou créer un climat délétère ». A bon entendeur.

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