Détroit d'Ormuz : l'Iran intercepte deux pétroliers après de nouvelles frappes américaines

Le conflit entre Washington et Téhéran franchit un nouveau cap. Alors que les frappes américaines se multiplient sur le territoire iranien, la République islamique riposte sur plusieurs fronts, faisant craindre une nouvelle escalade régionale.
Baudoin Moucadel 20/07/2026

Image d'illustration. SIPA / © Francisco Seco
Les États-Unis ont mené de nouvelles frappes contre l’Iran dans la nuit de dimanche à lundi, pour la neuvième nuit consécutive. La ville portuaire de Bouchehr (sud-ouest), où se trouve la seule centrale nucléaire civile encore en fonctionnement du pays, a été visée par plusieurs bombardements, selon un média d’État iranien. La centrale de Darkhovin, toujours en construction, a également été ciblée dimanche, d’après Téhéran.
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Dans le nord-ouest du pays, les frappes se sont étendues jusqu’à Tabriz, où au moins une personne a été tuée et plusieurs autres blessées, selon les autorités iraniennes. Des bombardements ont également fait des blessés à Ourmia, dans la province voisine. « Une personne est morte en martyr et plusieurs autres ont été blessées lors d’une attaque américaine terroriste et agressive dans une zone du sud-ouest de Tabriz », a rapporté l’agence officielle IRNA.
Depuis la reprise des hostilités le 7 juillet, les frappes américaines visaient principalement le sud de l’Iran. Mais depuis une semaine, elles se sont progressivement étendues au centre et au nord-ouest du pays. Donald Trump a assuré que ces opérations avaient pour objectif de « réduire les capacités militaires iraniennes utilisées pour attaquer des navires commerciaux et des marins civils transitant par le détroit d’Ormuz », ajoutant qu’elles étaient menées « en l’honneur » des soldats américains tués au Moyen-Orient.
Selon le dernier bilan officiel iranien, publié vendredi, les combats ont fait au moins 50 morts et plus de 500 blessés côté iranien depuis la reprise des hostilités.
Interception de deux pétroliers par l’Iran
En riposte aux frappes américaines, l’Iran a lancé de nouveaux drones vers Bahreïn. Plusieurs explosions ont été entendues à Manama, la capitale de ce petit royaume allié des États-Unis, tandis que le Koweït a également fait état d’une nouvelle attaque de drones.
Les Gardiens de la révolution ont par ailleurs annoncé avoir arrêté lundi deux pétroliers qui tentaient de franchir le détroit d’Ormuz de manière « non autorisée ». « Tard dans la nuit dernière, deux pétroliers non autorisés qui tentaient d’entrer et de sortir par ce qui a été décrit comme la route méridionale dangereuse et risquée du détroit d’Ormuz ont explosé et ont été immobilisés », indique leur communiqué. L’agence britannique UKMTO a, de son côté, signalé qu’un navire touché par un projectile était en feu au large des côtes omanaises.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a toutefois assuré que les efforts diplomatiques se poursuivaient par l’intermédiaire de pays médiateurs. « Nous avons été informés par les médiateurs, nous avons reçu des messages – sans entrer dans les détails – mais l’essentiel est que l’appareil diplomatique a été actif ces derniers jours », a-t-il déclaré.
« Ils n’ont plus grand-chose. Quelques missiles, quelques drones… Nous contrôlons le détroit d’Ormuz, ils ne contrôlent rien. Nous verrons ce qui se passe, mais nous les avons frappés très durement à nouveau ce soir », a de son côté lancé Donald Trump aux journalistes à Washington après la finale de la Coupe du monde de football.
Les tensions autour du détroit d’Ormuz continuent d’alimenter les craintes sur les marchés. Lundi matin, le baril de Brent de la mer du Nord a dépassé les 90 dollars, son plus haut niveau depuis juin.

