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L'actualité locale

Nos PME veulent leur part du gâteau

4 septembre 2026 à 09:00
5 min de lecture
Nos PME veulent leur part du gâteau

Résumé IA

La CPME-NC salue l’initiative Choose NC du gouvernement après une rencontre avec le cabinet du vice-président Christopher Gyges, tout en exigeant des actes concrets. L’organisation patronale réclame que les entreprises locales soient au cœur du dispositif, avec des moyens opérationnels et un suivi des opportunités.

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Pendant deux ans, on a beaucoup parlé d'attractivité. Cette fois, quelque chose bouge enfin.
La CPME-NC était autour de la table. Elle en ressort avec une exigence : des actes, pas des slogans.

Une initiative qui rompt avec deux ans de discours

La semaine dernière, la CPME Nouvelle-Calédonie a répondu à l'invitation du cabinet de Christopher Gyges, vice-président du gouvernement, pour une rencontre consacrée à Choose NC.

Il faut le dire simplement : c'est une bonne nouvelle.

Depuis deux ans, le mot « attractivité » circule dans tous les colloques, tous les rapports, toutes les prises de parole institutionnelles. Il a été décliné, commenté, mis en avant-propos de documents que peu de monde a lus jusqu'au bout. Ce qui manquait, c'était la traduction. Un dispositif. Une porte d'entrée. Quelque chose que l'on puisse montrer à un investisseur sans avoir à improviser.

Choose NC commence à combler ce vide, et l'organisation patronale ne s'en cache pas : elle salue l'initiative du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.

Reste que saluer n'est pas signer un chèque en blanc.

Car dans un Pacifique où chaque territoire fait ses comptes et défend ses intérêts, l'attractivité ne se décrète pas depuis un bureau. Elle se construit. Patiemment. Avec une vision claire, des projets lisibles, des interlocuteurs identifiés et surtout, des moyens pour transformer un contact en contrat.

C'est là que tout se joue. Un salon international, une poignée de main, une carte de visite échangée : cela ne vaut rien si personne ne rappelle trois semaines plus tard. La Nouvelle-Calédonie a trop souvent été bonne pour se montrer, et médiocre pour conclure.

Repositionner le pays, pas le mettre sous perfusion

Pour la CPME-NC, l'objectif de Choose NC est clair : repositionner le territoire comme une terre d'investissement, d'export, de coopération et d'innovation. Capable d'attirer des partenaires, des capitaux, des événements structurants.

Autrement dit, un pays qui produit, pas un pays qui quémande.

La nuance est capitale. Depuis les événements que l'on sait, une petite musique s'est installée dans certains discours : celle de la fatalité, du territoire abîmé, de l'économie qu'il faudrait perfuser indéfiniment. Cette musique est confortable. Elle est aussi mortifère.

L'approche défendue ici prend exactement le contre-pied. Elle part du principe que la Nouvelle-Calédonie a quelque chose à vendre des savoir-faire, des filières, des entrepreneurs, une position géographique que bien des économies envieraient. Et qu'il s'agit de le montrer, non de le pleurer.

Mais l'ambition ne tiendra qu'à une condition, martelée sans détour par l'organisation patronale : les entreprises locales doivent être au cœur du dispositif.

Pas en figuration. Pas en fin de programme. Au centre.

Faire rayonner la Nouvelle-Calédonie, ce n'est pas produire une brochure. C'est donner à nos entreprises, à nos filières, à nos talents les moyens réels de se montrer, de se faire connaître, d'accéder aux bons réseaux.

Cela suppose des soutiens opérationnels et financiers. La préparation en amont. La visibilité. La participation effective aux événements. La mise en relation. Et ce qui manque presque toujours : le suivi des opportunités, une fois les projecteurs éteints.

C'est précisément l'axe que la CPME-NC portera auprès du gouvernement. Construire l'attractivité, oui. Mais s'en donner les moyens et aller au bout des démarches.

Le reste n'est que communication.

Une méthode, des filières, des résultats

Cette vision ne sort pas de nulle part.

Elle prolonge un travail déjà engagé avec la RPPS (Représentation Patronale du Pacifique Sud) et les French Pacific Business Days, conçus comme des espaces concrets de mise en relation régionale. Non pas des grand-messes déclaratives, mais des lieux où l'on se parle affaires.

Les commissions et filières de l'organisation ont, elles aussi, un rôle stratégique à jouer. Ce sont elles qui connaissent le terrain. Elles qui peuvent identifier les projets mûrs, les compétences réelles, les savoir-faire exportables et les TPE-PME capables d'incarner, à l'extérieur, ce que ce pays sait faire.

Personne d'autre ne peut le faire à leur place. Ni un cabinet d'études. Ni une administration.

Les attentes patronales, elles, tiennent en une phrase : passer d'une ambition à une méthode opérationnelle.

Cela signifie des secteurs prioritaires clairement désignés, plutôt qu'un catalogue où tout se vaut. Des projets réellement prêts à être présentés, pas des intentions habillées en dossiers. Un parcours investisseurs lisible, un investisseur étranger qui frappe à la porte doit savoir en une heure à qui parler et ce qu'il peut espérer. Et une place réservée aux TPE-PME, qui constituent l'essentiel du tissu économique calédonien et n'ont ni les équipes ni les budgets des grands groupes pour se placer seules.

Ce sont là des demandes de bon sens. Elles n'ont rien de révolutionnaire. Elles supposent simplement que l'on cesse de confondre l'annonce et l'exécution.

Le vrai test de Choose NC ne sera pas son lancement. Ce sera son bilan dans dix-huit mois.

Combien de contacts transformés ? Combien de contrats signés ? Combien d'entreprises calédoniennes réellement embarquées ?

Voilà les seuls indicateurs qui vaudront.

Faire rayonner la Nouvelle-Calédonie, en définitive, c'est donner à voir ce que ses entrepreneurs savent produire, inventer, construire et transmettre. Rien de plus. Rien de moins.

Le territoire a des atouts. Il a des femmes et des hommes qui se lèvent tôt, qui embauchent, qui investissent malgré l'incertitude. Ce qui leur manque, ce n'est pas le courage c'est un État et des institutions qui jouent leur rôle jusqu'au bout, sans se contenter d'ouvrir des portes qu'ils oublient de franchir.

Choose NC peut être ce moment de bascule.

À condition que l'on cesse de confondre l'attractivité avec l'affichage.

(Crédit photo : CPME-NC)