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Au delà du récif

Présidentielle : de Hollande à Bertrand, le retour des candidats has been

3 septembre 2026 à 13:00
5 min de lecture
Présidentielle : de Hollande à Bertrand, le retour des candidats has been

Résumé IA

À l’approche de la présidentielle de 2027, Étienne-Alexandre Beauregard analyse le retour de candidats « has been » comme François Hollande, Dominique de Villepin ou Xavier Bertrand, dont le seul projet commun serait le « barrage républicain ». L'essayiste critique une génération politique manquant d'idées neuves, tandis que des figures comme David Lisnard ou Sarah Knafo font avancer le débat.

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CHRONIQUE. À l’approche de 2027, Étienne-Alexandre Beauregard décrypte le retour de prétendants « has been » tels que François Hollande, Dominique de Villepin ou Xavier Bertrand. Des candidatures dont le projet peut se résumer, selon l'essayiste, à l’éternel « barrage républicain ».

Étienne-Alexandre Beauregard 02/09/2026

François Hollande, Dominique de Villepin et Xavier Bertrand.

François Hollande, Dominique de Villepin et Xavier Bertrand. © Amaury Cornu / Hans Lucas / Joel Saget / Pascal Guyot / AFP

Alors que l’échéance présidentielle approche, les aspirants sont de plus en plus nombreux à lever la main, comme quoi la fonction suprême attire toutes les ambitions. Au-delà des présidents de partis ou des figures montantes, une catégorie plus saugrenue de candidats prolifère désormais : les « has been », qui ont connu leurs heures de gloire il y a dix ou vingt ans, mais continuent de prétendre aux plus hautes destinées.

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Ils arrivent le plus souvent sans soutiens ni dynamique, mais on leur fait une place sur les plateaux, à la manière des tournées souvenir des chanteurs d’antan. Pensons à Xavier Bertrand qui, après avoir été éliminé au premier tour de la primaire LR en 2022, tente désormais de faire cavalier seul. Dominique de Villepin perfectionne désormais le racolage pro-Palestinien depuis le centre droit plutôt que la gauche, une nouveauté qui ne fait néanmoins pas un programme. Ségolène Royal, après des tentatives avortées de retour aux européennes et aux sénatoriales, s’annonce pour la primaire du Parti socialiste. Bernard Cazeneuve, sans mandat électif depuis 2017, a fondé son mouvement pour tenter de reprendre le flambeau du centre gauche. François Hollande, quant à lui, rêve d’un deuxième mandat présidentiel s’il fallait que son camp se tourne vers lui, faute de champion naturel.

Le barrage comme seul projet

Le plus frappant de ce bal des prétendants est le (vague) projet qu’ils semblent tous partager : faire barrage au Rassemblement national et, dans certains cas, aussi à La France insoumise. Cela en dit long sur la pauvreté intellectuelle d’une certaine génération de politiques français, qui a fait de l’opposition à la droite nationale, ou au « populisme » au sens large, une idéologie en elle-même. Ceux qui croient toujours que cela peut faire une carrière se buteront à la dure réalité d’un électorat désabusé, pour qui ce projet négatif a de moins en moins de valeur, au fur et à mesure que la situation du pays se dégrade. Surtout, on se demande bien ce qu’un énième candidat sur la même ligne centriste, soutenu par un microparti ou par personne d’autre que lui-même, apportera dans un espace déjà saturé.

Dur de croire que le pays soit bien servi par une prolifération de candidatures de témoignage

Ceux qui ont connu la politique de près devineront probablement une motivation plus personnelle derrière ces candidatures vouées à l’échec. On dit souvent que la joute politique est une drogue dure, dont il est impossible de complètement se sevrer. Une fois que l’on a connu l’ivresse des meetings, le feu des projecteurs ou la chaleur des débats parlementaires, on ne souhaite plus s’en priver, même lorsque son heure a sonné. Selon le mot du stratège américain Roger Stone, la politique est « le show-business pour les gens laids » (« show-business for ugly people »), et ce constat explique sans doute l’irrépressible envie des figures d’hier de revenir sur les planches, à la manière de vedettes de Hollywood rêvant d’un dernier tour de piste.

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Quid du Bien commun et de l’intérêt de la France ? Dur de croire que le pays soit bien servi par une prolifération de candidatures de témoignage, de personnalités cherchant à exister sans incarner de courant de fond dans la population. D’autant plus que l’actualité nous montre qu’il est possible d’être un candidat sous les 10 % dans les enquêtes d’opinion et de faire avancer le débat en lançant de nouvelles idées au jeu, et en faisant un travail de fond pour orienter la « fenêtre d’Overton » des politiques publiques discutées, acceptables et populaires. David Lisnard, par exemple, contribue depuis des années à l’émergence d’une véritable sensibilité libérale économique, qui manque cruellement en France.

Sarah Knafo s’est également façonné une place enviable dans le débat d’idées grâce à une présence forte sur les médias sociaux et des interventions brillantes sur les finances publiques. Son ouvrage à paraître, Le casse du siècle, s’inscrit dans cette lignée, avec un aspect programmatique qui fera sans doute son chemin dans les esprits. Face à cette nouvelle génération, on ne doit donc plus craindre d’exiger davantage de nos politiques, et remplacer les têtes parlantes répétant des platitudes surannées par d’authentiques entrepreneurs de cause capables de faire progresser la réflexion, même sans être aux portes de l’Élysée. Fort heureusement, la joute politique a un côté darwinien qui tolère mal la vacuité, et qui récompense les offres bien définies. L’ère des cinquante nuances de beige est bien derrière nous.